Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LYON/Le Musée des beaux-arts multiplie les types de mécénat

On peut apprendre des choses, en lisant un programme institutionnel. Trois fois moins grand que celui de nos Musées d'art et d'histoire, mais nettement plus épais, celui du Musée des beaux-arts de Lyon offre de la substance et non du graphisme. Il sert tout d'abord à annoncer des manifestions importantes, comme «Lyon Renaissance, Arts et humanisme», qui commencera le 23 octobre et réunira environ 300 pièces. Il illustre ensuite la vie insufflée autour des collections, avec des conférences, des nocturnes ou des explications données devant des œuvres. 

Il fédère aussi. J'ai ainsi lu avec un soin tout particulier les pages 34 et 35, consacrées au mécénat. Reprenant une pratique qui se généralise (je pense notamment à Grenoble et bien sûr au Louvre), le Musée dirigé par Sylvie Ramond sépare ainsi aujourd'hui les Amis des mécènes. Les premiers (Lyon en compte plus de 2000) cotisent. Ils participent aux manifestations. Ils font des voyages. Il s'agit d'amateurs d'art classique (le fonds du musée s'arrête vers 1960, le relais étant pris par le MAC, ou Musée d'art contemporain). La chose ne les empêche pas de contribuer à «l'enrichissement et à la diffusion des collections.»

Cercle Poussin 

Cela ne suffit pas, ou plus, surtout si la direction convoite un Poussin à 17 millions d'euros ou, plus récemment, un Corneille de Lyon payé très cher. Il existe donc un Cercle Poussin, lancé en 2010, où l'on trouve des gens connus, comme le galeriste Michel Descours ou le collectionneur Antoine de Galbert (qui dirige aujourd'hui la Maison Rouge à la Bastille). Il s'agit ici de bailleurs de fonds. 

Comment les choses se passent-elles? Assez simplement. En versant 1000 euros par an, vous êtes «soutien». Avec 2000, vous devenez «donateur». A 3000, vous vous muez même en «grand donateur». Rien ne vous empêche, bien sûr, d'aller au-delà. Ceci d'autant plus plus que les dégrèvements fiscaux sont énormes: 66 pour-cent. En comptant juste, donner 1000 euros ne vous en coûte donc réellement que 340. Les gens redevables de l'impôt sur la fortune (ISF) peuvent même déduire 75 pour-cent.

Club du Musée Saint-Pierre 

La chose connaît-elles des limites? Oui, tout de même. Vous ne pouvez pas dépasser le 20 pour-cent de votre revenu imposable. Les sociétés, elles, se voient plafonnées au 0,5 pour-cent de leur chiffre d'affaires hors taxes. Et où sont-elles regroupées, ces entreprises? Au Club du Musée Saint-Pierre, qui constitue une troisième entité. Elles peuvent bien sûr aussi soutenir un projet spécial, allant de l'exposition à une restauration. 

Particuliers et sociétés peuvent encore organiser (un peu comme partout) une soirée privée. Ils ont ici le choix entre le jardin (nous sommes dans un ancien couvent, sécularisé à la Révolution), le réfectoire baroque (idéal pour un dîner) au l'auditorium (là, c'est plus intellectuel). 

Voilà qui pourrait donner des idées ailleurs. Photo (MBA de Lyon): Le portrait de Corneille de Lyon récemment acquis, qui se retrouvera bien bien sûr en octobre dans l'exposition "Lyon Renaissance".

Texte intercalaire, site www.mba-lyon.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."