Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LYON/Le MAC et la Biennale s'offrent un duo de directeurs

Crédits: Xinyi Hu/MAC, Lyon 2018

C'est dans «Le Figaro» que j'ai pêché cela. Les choses bougent à Lyon, en dépit des apparences. Il fallait repourvoir la tête du MAC, ou Musée d'art contemporain. Thierry Raspail, son fondateur historique, a atteint l'âge de la retraite. Logique! Quand je l'avais rencontré à l'ouverture en 1984 (c'était dans un coin de l'actuel Musée des beaux-arts), il ressemblait au jeune d'Artagnan, avec sa moustache. Vingt ans après, comme aurait dit Alexandre Dumas, il restait étonnamment en forme après le déménagement du MAC à la Tête-d'Or. Les meilleures choses ont une fin. Son parcours se termine par l'actuelle rétrospective dédiée au sculpteur Bernar (sans «d» final) Venet.

Les ambitieux se bousculaient pour remplacer l'homme à la fois à la tête du musée et à celle de la Biennale de Lyon. Une manifestation ayant le tort de se situer les années impaires, juste après Venise à laquelle la cité rhodanienne ressemble hélas peu. Il y avait Jean de Loisy qui cherche un point de chute, son contrat au Palais de Tokyo parisien arrivant à échéance. Il se pointait Eric de Chassey, qui a déjà beaucoup tourné. On parlait de la jeune Emilie Bouvard, du Musée Picasso. C'est finalement la moins jeune Isabelle Bertoletti qui a emporté la mise en tandem avec Matthieu Lelièvre. Une enfant du sérail. Elle fait depuis longtemps partie du MAC dont elle était responsable des expositions. Lui vivait en commissaire indépendant, tourné vers l'art émergent.

Pyramide de pouvoirs

La chose satisfait la logique, le féminisme et surtout Sylvie Ramond, 59 ans. Venue de Colmar en 2004 afin de chapeauter le Musée des beaux-arts, cette dernière a failli obtenir le Louvre. Il s'agit d'une femme de pouvoir. Elle a donc réussi à emberlificoter la Municipalité afin de coiffer le MAC et la Biennale. Il lui a suffit de dire que Lyon, où son propre Musée des beaux-arts semble pourtant dormir, avait besoin d'un pôle fort pour vaincre dans la féroce concurrence se faisant les villes actuelles. Mais elle aura, a-t-elle déclaré au «Figaro», la «gouvernance collaboratrice», ce qui ne veut strictement rien dire. Jean de Loisy sera ainsi le commissaire de la Biennale de 2019.

Bref, une belle victoire pour ce «concentré d'énergie». Le mot n'est pas de moi. Il sort de la plume de Valérie Duponchelle, qui sert depuis des années de gentille journaliste au «Figaro». Avec elle, au moins, tout le monde est beau et a du talent. Quel optimisme! La presse locale lyonnaise se montre moins flatteuse. Pour tout dire, elle me semble dubitative. 

Photo (Xinyi Hu/MAC, Lyon 2018): Isabelle Bertoletti, qui co-dirigera le MAC avec Matthieu Lelièvre.

Texte intercalaire.

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