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Journaliste

Licencié en économie (Université de Genève), journaliste indépendant spécialisé en télécommunications, économie et investigation notamment avec des enquêtes sur le blanchiment d’argent et les escroqueries financières, Luigino Canal a été pendant 15 ans le correspondant en Suisse pour le quotidien économique français «Les Echos». Il a collaboré avec de nombreux médias suisses et italiens (Corriere della Sera, l’Espresso). Il se concentre désormais sur les grandes fortunes. Il participe depuis 15 ans à l’élaboration du classement de Bilan des 300 plus riches de Suisse.

Les milliardaires ont (aussi) leurs inégalités!

Oubliés la crise de 2008, les incertitudes économiques liées au Brexit et le ralentissement de la croissance en Asie observé en 2015. Les grandes fortunes d’Europe ont retrouvé un large sourire. Et ce sont surtout les ultrariches, les multimilliardaires qui en profitent. Le fossé se creuse bien évidemment face à M. Tout-le-Monde, mais aussi par rapport aux autres milliardaires. Ainsi, l’écart s’est fortement accentué entre les premiers de notre liste et les suivants.

Le top 10 possède près de 413 milliards cumulés, ce qui représente plus de 26% de la fortune totale du classement. On observe l’émergence d’un monde fabuleux dans lequel ceux qui comptent en dizaines de milliards accroissent leur fortune quasi exponentiellement. Les montants atteints sont si déconnectés de la réalité de la classe moyenne qu’ils en deviennent abstraits. Certes, ce patrimoine est largement corrélé à l’évolution des marchés financiers et pourrait se transformer en mirage en cas de krach boursier. Mais, plus la fortune est importante, plus la capacité à rebondir est élevée.

En outre, ce sont des dynasties, surtout allemandes et françaises, qui dominent le capitalisme européen. Elles ont mis en place une planification stratégique pour la conservation de leur patrimoine, notamment par l’intermédiaire de family offices et d’investissements personnels. La fortune des familles Klatten, Boehringer, Henkel, Reimann, Porsche, Hermès, Mulliez ou encore Hoffmann repose sur une longue tradition entrepreneuriale qui s’est construite au fil des ans. Leurs sociétés se sont développées de génération en génération.

C’est d’ailleurs leur principal défi: durer et transmettre le patrimoine industriel et financier aux descendants. Au fil du temps, des marques mondiales sont nées. BMW, Louis Vuitton, Hermès, Chanel et autres L’Oréal ou Nutella sont devenues emblématiques. Un modèle qui repose sur un management solide et une présence internationale. Pour devenir riche, et le rester, il est préférable de conserver le plus longtemps possible au sein de la famille une part importante du capital de son entreprise.

On profitera ainsi de sa croissance. Mais, pour éviter des conflits entre proches, les décisions doivent être prises par le conseil d’administration plutôt que dans un contexte familial. Les milliardaires multigénérationnels ont créé des héritages durables, plus solides que ceux dont la fortune est soumise aux aléas de la bourse ou du prix des matières premières.

C’est notamment l’industrie du luxe qui enregistre d’excellents résultats. LVMH, Hermès, Kering, Chanel, Luxottica, Armani: le haut de gamme se porte bien, groupes français en tête. Ils représentent près d’un quart des ventes mondiales de luxe. Le retour en grâce de ce secteur indique que les clients reviennent dans les boutiques avec leurs cartes de crédit. Preuve que leur compte est, de nouveau, bien garni.  

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