Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LONDRES/Sotheby's va vendre la collection de David Bowie en novembre

Crédits: AFP

C'est la face cachée de la lune. La partie immergée de l'iceberg. L'inconnu. Alors qu'on savait Freddie Mercury collectionneur et qu'Elton John ne se cache pas d'être un amateur boulimique, rien n'avait filtré de David Bowie acheteur d’œuvres d'art. On saura bientôt tout. Sotheby's va promener dans le monde entier, de Londres à Los Angeles en passant par Hong Kong, 400 pièces ayant appartenu au chanteur, mort le 10 janvier dernier. La multinationale l'a emporté à l'arraché sur Christie's. Le montant officiellement espéré reste modeste: 10 millions de livres. Mais chacun sait que ce chiffre sera pulvérisé les 10 et 11 novembre. Tout est d'ailleurs fait pour cela. 

Le coprésident de Sotheby's Europe a ainsi commencé par se faire lyrique. «Eclectique, inattendue subtile, la collection de David Bowie forme un témoignage unique de l'univers privé dont s'était entouré l'un de plus grand esprits créatifs du XXe siècle», a déclaré Oliver Barker. Le chanteur était entré en contact avec le milieu pictural en 1971, grâce à sa rencontre avec Warhol. Il ne se doutait alors pas qu'il incarnerait Andy dans «Basquiat», réalisé en 1996 par Julian Schnabel, qui fut lui-même l'un des artistes les plus fêtés des années 1980. Un météore, ce Schnabel! Pas étonnant donc qu'il ait ensuite acquis un vrai Basquiat dans la foulée, «Air Power» de 1984.

Un goût marqué pour l'art anglais 

Bowie a donc beaucoup acheté. Ses moyens le lui permettaient. Il a laissé 100 millions de dollars à sa veuve Iman et à ses enfants. Ses goûts demeuraient très britanniques, d'où le choix de Londres comme lieu pour les enchères. Il y a là du Damien Hirst, bien entendu, mais aussi de l'Henry Moore, du Graham Sutherland ou du Frank Auerbach. Sotheby's a aussi annoncé «des artistes anglais des débuts du XXe siècle négligés par le grand public.» On ne s'étonne pas du coup de savoir que Bowie avait rejoint en 1994 le très académique comité de rédaction de «Modern Painters» et qu'il avait lancé une maison d'éditions de livre d'art en 1998. 

A part cela, que dire? Bowie s'intéressait aussi à la production brute, au surréalisme, à l'art africain contemporain (pas tribal, donc!) et au design. Surtout italien. Ettore Sottsass en particulier. Gageons que le moindre objet trouvera preneur. Il y aura forcément des malentendus. Certains voudront davantage la provenance que la pièce elle-même. Mais après tout, il y a souvent du fétichisme chez les collectionneurs...

Pratique 

A voir du 20 juillet au 9 août chez Sotheby's, 34-35, Bond Street, à Londres de 9h à 17h, sauf les samedis et dimanches. Tél. 004420 7293 5077, site www.sothebys.com (avec galerie photos).

Photo (AFP): L'image fleurie de Bowie après sa mort, le 10 janvier. Elle avait provoqué un choc mondial.

Texte intercalaire.

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