Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LONDRES/La Royal Academy montrera Liotard en octobre

L'annonce figure dans les programme de la Royal Academy de Londres pour la saison 2015-2016. Du 24 octobre au 31 janvier, le lieu d'exposition le plus huppé de la capitale proposera une rétrospective Jean-Etienne Liotard (1702-1789). Le Genevois n'avait jamais bénéficié d'un tel honneur en Angleterre. Il faut dire que l'essentiel de ses œuvres est exécuté au pastel. Or, durant très longtemps, ce mode pictural très volatil est demeuré interdit de voyage. 

Les exposition Liotard restent rares. En 1992, Anne de Herdt avait présenté ses dessins au Musée d'art et d'histoire (MAH) de notre ville, puis au Louvre. Il y a eu par la suite un nouveau projet genevois. Il n'en est rien sorti, même si la spécialiste indiscutée de l'artiste, Renée Loche, fut longtemps conservatrice au MAH et si on lui devait déjà alors une excellente exposition Agasse. Notons que Madame Loche est, avec Marcel Röthlisberger, l'auteur du monumental catalogue raisonné en deux tomes du peintre, paru chez Davaco en 2009.

Accent sur les deux périodes anglaises 

La Royal Academy dispose de deux espaces. L'un, aux salles vastes comme des cathédrales, remonte au XIXe siècle. L'autre, plus intime, a été permis par la générosité des époux Sackler en 2000. C'est bien sûr ce dernier qui accueillera Liotard, qui a aussi produit de nombreuses miniatures sur vélin comme sur émail. 

La manifestation donnera comme de juste l'accent sur les deux séjours londoniens du Genevois, infatigable voyageur. Liotard est venu une première fois en 1754, portraiturant des membres de la famille royale. Il a opéré son retour en 1773-1774. Ce fut pour lui l'occasion de disperser une partie de sa collection de tableaux en deux ventes. La première se vit organisée par lui-même. La seconde eut lieu chez Christie's.

Une cote en dents de scie

Rappelons que des pastels donnés à Liotard passent régulièrement en ventes, où ils atteignent des prix très divers, dus au charme (oui au non-charme) de leur modèle comme à leur état de conservation. Son ravissant portrait de Louise Jacquet s'est ainsi vendu 1,76 million en 2012 chez Sotheby's à Paris. Il a été acquis par un particulier américain. Des effigies plus «difficiles», ou ruinées, se contentent de 100.000 francs... quand elles trouvent preneur à ce prix.

Photo (Royal Academy): Ce fragment de miniature à la turque sert à la publicité de l'exposition.

Texte intercalaire.

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