Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Logements: les entraves coûtent cher

Avec la hausse des primes de la caisse maladie, l’augmentation des loyers a impacté négativement le pouvoir d’achat de la classe moyenne au cours des quinze dernières années. Pour les jeunes adultes, les couples, les familles monoparentales qui ont emménagé dans de nouveaux appartements, le logement est devenu un cauchemar. La situation reste particulièrement critique sur l’arc lémanique. Elle a poussé l’Asloca, l’association suisse des locataires, à lancer plusieurs initiatives pour encourager la construction d’habitations à loyers abordables et contraint les cantons de Genève et de Vaud à réagir sur le plan politique. Or, le débat qui fait rage n’aborde pas ou trop rarement la question déterminante du coût de la construction. 

Dans ce domaine comme dans d’autres, la Suisse est un îlot de cherté sur le continent européen. Les différences sont considérables avec nos voisins, même avec l’Allemagne. Les raisons? Le fédéralisme, les ententes cartellaires et la réglementation excessive. Dans ses études consacrées à la Suisse, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) estime que ces entraves pénalisent tant les propriétaires que les locataires. 

En 2004, bien avant de présider aux destinées du Parti libéral-radical de 2012 à 2016, le conseiller national Philipp Müller lançait une proposition choc. Elle visait à harmoniser les 26 régimes cantonaux de définitions et de mesures de construction (hauteurs, distances, étages, etc.) qui diffèrent fortement d’une région à l’autre. Treize ans plus tard, son combat n’est pas terminé. Plusieurs cantons n’ont toujours pas
adhéré à l’accord intercantonal sur l’harmonisation de la terminologie dans le domaine de la construction, lequel doit permettre de diminuer les barrières à l’entrée des marchés (par exemple pour les architectes). 

Plusieurs freins à la concurrence

Les enquêtes conclues ces dernières années par la Commission fédérale de la concurrence ont aussi montré la persistance d’ententes illégales. Par exemple, ses dirigeants ont prononcé des amendes à l’encontre de grossistes présents dans le sanitaire et de revendeurs actifs dans les ferrements pour portes (poignées, serrures et charnières).

La branche est enfin l’une des plus réglementées (mesures énergétiques, protection incendie, normes environnementales, etc.). Dans le bâtiment, on évalue ces coûts à 1,6 milliard de francs, soit 6% du chiffre d’affaires. 

Les réformes destinées à supprimer les entraves à la concurrence et à réduire la surréglementation peinent cependant à trouver un écho auprès des acteurs privés et publics. Peut-être que ces derniers trouvent-ils un intérêt à ce que la situation n’évolue pas? 

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