Strobinofabrice

ANALYSTE CHEZ ANALYSES & DÉVELOPPEMENTS IMMOBILIERS

Diplômé de l'Institut d'études immobilières (IEI), Fabrice Strobino est architecte universitaire et chef de projets immobiliers chez Analyses & Développements Immobiliers depuis 2003. Il a en outre suivi le cursus de l'AZEK pour les gérants de fortune. Fort d'une expérience de plus de 4000 expertises pour de grandes banques, il est membre de l'Association des promoteurs et constructeurs genevois (APGC) et membre de la Chambre suisse des experts immobiliers (CEI).

Logements: l’immobilisme a un coût!

Nous avons pu lire dans le grand quotidien genevois de ce mercredi 11 septembre que l’objectif du Conseil d’Etat était de construire 2500 logements par an. C’est un objectif annuel avec comme cible 2030. Or, en quatre ans, le canton n’a été capable de produire que 5600 logements.

Ensuite, les solutions des partis à cet état de fait sont toutes déjà usées et peu innovantes. Elles ont justement conduit à la situation que nous connaissons à ce jour. Rajouter une couche au mille-feuille législatif et de contrôle que nous connaissons ne fait qu’alourdir le processus de construction.

A Monte Carasso, au Tessin, un grand urbaniste suisse a réduit les 250 articles du règlement de construction à ... sept. A Genève, plus de 100 lois, avec leurs centaines d’articles et règlements frappent la construction de logements.

En plus de cela, les services de l’Etat sont trop souvent livrés à eux-mêmes. A ce jour, leur acte est politique et non exécutif.

Pour mieux expliquer ces propos, le Grand Conseil a décidé d’augmenter fortement la densité en zone villa. De son côté, la police des constructions du Département de l’Urbanisme exige (et c’est une première) que les escaliers extérieurs soient calculés dans les surfaces habitables. Le service de l’énergie, qui ne dépend pas du service de l’Urbanisme, a décidé, tout seul dans son coin, que, quand un immeuble est chauffé par du gaz, il faut faire mieux que la norme dictée dans la loi (Minergie). Sur quelle base ?

Ce n'est pas tout: le service des monuments et des sites considère, à l’encontre du Tribunal Fédéral, que la préservation du patrimoine est plus importante que celle de l’énergie et de l’humanité. Il s’oppose systématiquement à toute pose de panneaux solaires. Et ces exemples ne sont malheureusement que la pointe de l’iceberg. Nous pouvons aussi citer le service du feu qui change de position sur le même dossier de plans, quand l’inspecteur en charge est en vacances.

Ou encore la Direction du Logement: celle-ci veut faire appliquer ses nouvelles normes introduites après le début de l’instruction du dossier qui a commencé au mieux 3 ans plus tôt pour plus de 70 logements.

Et croyez-nous, il y en a beaucoup d’autres.

Tous ces actes vont à l’encontre de ce que nos élus ont décidé. Pourquoi ? La vraie solution est d’imprimer une volonté politique forte de construire et de planifier, et non de contrôler.

On le voit bien dans d’autres domaines: trop de contrôle induit un surcoût lié au temps de procédure, aux intérêts financiers que le destinataire final devra payer et aux honoraires liés au travail de chacun.

Alors, pour une fois, au lieu de légiférer (encore) et de proposer des solutions surannées, agissons, dépoussiérons nos lois et optimisons nos procédures !

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