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MARKETEUR À L'ÈRE DU CLIENT CONNECTÉ

Blaise Reymondin a cofondé en 2004 l'une des premières agences spécialisées dans le web marchand. Aujourd'hui conseiller indépendant en marketing digital, il aide ses clients à comprendre les enjeux de la transformation digitale et tirer profit de l'Internet. A 46 ans, Blaise a collaboré avec plusieurs centaines d'entreprises et tissé des liens avec de nombreux dirigeants.

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Livres, musique, films, médias: «all you can eat !»

Virgin Megastore a déposé son bilan en début d'année, tandis que le propriétaire de la FNAC chercherait en vain à se débarrasser de son enseigne. Un récent article de Bilan décrit la crise que traversent les vendeurs de produits culturels classiques (CD, DVD, livres): la dématérialisation des supports les pousserait dans le gouffre.

La faillite programmée du modèle s'explique-t-elle par un durcissement de la concurrence, notamment chez l'ogre Amazon ? Et si l'on assistait simplement à un déséquilibre entre l'offre et la demande, entraîné par l'avènement du numérique ?

Cannibalisation digitale

La demande ne baisse pas, au contraire elle n'a certainement jamais été aussi forte depuis qu'Internet facilite la distribution de contenu, et donc l'accès. Et c'est bien la profusion d'une offre quasi infinie qui change la donne, la demande ne pouvant simplement pas suivre le mouvement. Qui plus est, nous n'avons pas la capacité humaine de consommer plus d'une oeuvre à la fois (à l'exception de lire en écoutant de la musique). 

Autrefois, si nous n'avions pas le temps de commencer un nouveau livre, nous l'engrangions volontiers dans la bibliothèque du salon, nourrissant l'espoir d'une lecture imminente. Et la crainte qu'un ouvrage ne soit jamais réédité ou la rencontre fortuite d'un beau livre nous encourageait volontiers à l'achat compulsif.

Mais la thésaurisation culturelle trouve-t-elle encore un sens à l'ère du numérique ? Pourquoi achèterait-on encore en surnombre livres, films, et CDs alors que tout le contenu du monde est désormais disponible 24/7 ? 

Gargantua au programme

En ce qui me concerne, ce sont des centaines de vies qu'il me faudrait pour ingurgiter toutes les productions dignes d'intérêt. Et chaque jour l'offre ne cesse de grandir, parfois gratuite ou pour quelques francs par mois ici ou là, avec une tendance pour les abonnements au forfait.

Pour la musique, Spotify me propose plus de 20 millions de titres en haute fidélité pour 12.95 francs par mois. Incontournable dans la musique classique, la plate-forme de Qobuz est un régal sans égal pour le mélomane. Et ma discothèque de «vieux MP3» indique plusieurs semaines d'écoutes en continu, accessibles partout sur iTunes Match. Avec autant de choix, il y a bien sûr à boire et à manger, mais des algorithmes de recommandation sont là pour nous servir que la meilleure soupe... 

Pour mes lectures,  je commence la journée par une revue de presse et du web, avec des agrégateurs de contenu comme Flipboard ou Feedly. Plus tard, je me laisse aller au grignotage d'articles glanés sur les réseaux sociaux, que je mets au frigo d'un simple clic, pour une lecture différée sur l'application Instapaper. Au niveau du «Print»,  j'ai le droit de télécharger dix magazines chaque mois pour 11 francs sur LeKiosk. J'achète aussi une ou deux éditions au numéro, mais rarement plus. 

Du côté de la «télé», j'utilise fréquemment l'iPad comme source de contenu, que j'envoie sur le téléviseur familial via Airplay. Mon abonnement à Orange TV (9 francs par mois) est une machine à remonter le temps des programmes. Sinon la RTS propose depuis octobre 2011 l'intégralité de ses archives en ligne, et idem en France avec l'INA. En m'abonnant à des chaînes thématiques sur Youtube, je découvre encore des milliers d'heures de programmes inspirants. Et les grandes écoles comme Harvard ou l'IMD mettent en ligne un gisement de conférences et cours gratuits. Ouf... jamais rassasié ?

Distributeurs physiques: le bouillon de onze heures

Après les disquaires, la disparition des librairies m'attristerait profondément et j'espère qu'elles sauront trouver un nouveau modèle de revenus. Car les consommateurs n'adhéreront pas indéfiniment à des prix «matériels», et il paraît peu vraisemblable qu'elles obtiennent un jour la reconnaissance d'utilité publique. Quoi qu'il en soit, c'est toute la distribution de contenu qui est chahutée par les mutations vers le digital. La presse en sait quelque chose...

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