Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LIVRES/Erik Desmazières, Jean Jaquet et Charles Rollier

C'est la saison. Quoique... Pourquoi les livres se liraient-ils mieux sous la couette que sur la plage? Pour ce qui est des pavés consacrés aux beaux-arts, la réponse apparaît cependant manifeste. A moins de se les caler sous le ventre, histoire de mieux faire bronzer ses fesses, ils gênent par leur dimension et leur poids. Certains, comme le «Fra Angelico» dont je vais bientôt vous parler, semblent peser des tonnes. Je les éviterai donc encore pour aujourd'hui. 

«A y regarder de près» d'Olivier Rolin et Erik Desmazières. On apprécie l'écrivain, aujourd'hui sexagénaire. Le graveur n'est pas précisément un inconnu. Leur collaboration se révèle néanmoins inattendue. Rolin rédige ici de courts textes, que Desmazières illustre. Comme le lecteur se voit invité à voir les choses de près, elles sont petites ou au ras du sol. C'est le cas du scarabée ou de cette girolle que nous appelons en Suisse chanterelle. Les textes se révèlent brillants. Les illustrations ne pouvaient demeurer en reste. De l'huître à l'asperge et de la noix à l'oursin, le lecteur apprend en prime des choses. Un bon ouvrage et de la belle ouvrage. (Seuil, 127 pages) 

«Les sculpteurs d'ornement à Genève au XVIIIe siècle» de Carl Magnusson. Pour les Genevois des années 1900, la sculpture décorative locale de style Louis XVI se résumait à un seul nom. C'était celui de Jean Jaquet (1754-1839). L'homme, et éventuellement son atelier, aurait ainsi réalisé tous les stucs et boiseries ornant les salons de la haute ville et des maisons de campagne. Impossible bien sûr! C'est pourquoi Carl Magnuson a dépouillé les archives et sondé ce qui reste d'aménagements intérieurs souvent remaniés depuis leur création. C'est un livre sérieux, austère, que datent un peu les photographies. L'iconographie utilisée est celle des débuts du XXe siècle. (Droz, 312 pages) 

«Charles Rollier, Broussailles», de Nicole Viaud. Il peine à sortir du purgatoire, maintenant qu'il a perdu ses soutiens originels. Le Genevois Rollier (1912-1968) fait l'objet d'un ravissant petit livre. Il accompagne en fait l'exposition que la non moins minuscule galerie Schifferli, au 32, Grand-Rue consacre jusqu'au 23 décembre au plus important, sans doute, des abstraits romands. Rollier se situe dans un contexte marqué par les créations d'Hans Hartung, Pierre Soulages ou Maurice Estève. Avec lui, le spirituel n'est cependant jamais loin. Le principe féminin constituerait la route vers le sacré. Quelques citations d'auteurs des années 1960 complètent avec justesse l'ouvrage. (48 pages).

Photo (DR): Charles Rollier sur le terrain. Vers 1960.

Texte intercalaire.

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