Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LIVRE/Sylvie Matton et le voleur de Rembrandt

C'est ce qu'on appelle une polygraphe. Veuve de l'artiste et cinéaste Charles Matton, disparu en 2008, Sylvie Matton parle aussi bien de Guillaume Depardieu (un livre en 2014) que de la Justice internationale avec Carla del Ponte ou du génocide bosniaque. Bref. Elle ratisse large. 

Rembrandt revient cependant périodiquement au centre des préoccupations de Sylvie, aujourd'hui âgée de 61 ans. Elle a écrit un livre, "Moi, la putain de Rembrandt" en 1998. Elle est responsable du scénario du film tourné par Charles Matton en 1997 sur le Hollandais. Elle revient aujourd'hui avec "L'homme à la bulle de savon". Il s'agit cette fois d'un récit. La Française donne son "De sang froid" à la Truman Capote. Elle raconte l'histoire de Patrick V., qui a volé en 1999 un Rembrandt, à l'autographie souvent contestée, au musée de Draguignan.

Un recel trop lourd à supporter 

Enfant martyr, Patrick s'est identifié au personnage du tableau, découvert très jeune. Il en a fait son double. Il éprouve à un certain moment l'envie irrépressible de l'avoir pour lui seul. Le cambriolage dans un musée de province sous-équipé (le même tableau avait pourtant déjà été dérobé en 1975!) se révélera assez facile. C'est la suite qui se gâtera. La toile deviendra trop lourde à porter pour son receleur, qui la gardera pourtant quinze ans. Patrick va se marier, devenir père et souvent déménager avec une obsession. Celle de conserver ce tableau menaçant sans cesse de se détériorer. Il finira par le rendre en 2014. Il s'agit là d'une histoire vraie. 

L'ennui, c'est que Sylvie Matton en fait de la littérature. Et pas toujours de la bonne! Elle complique sa narration, s'implique trop dans le sujet et rate lamentablement sa chute. Le livre se situe parfois aux limites du compréhensible. L'écrivaine s'est mise dans la peau de Patrick, qui s'est incarné dans "'L'homme à la bulle de savon". Cela fait beaucoup pour un seul livre.

Pratique

"L'homme à la bulle de savon", de Sylvie Matton, aux Editions Don Quichotte, 240 pages. Photo (AFP): Le retour du tableau en 2014 au Musée de Draguignan.

Texte intérimaire, bien sûr!

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."