Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LIVRE/Lyon répertorie ses tableaux français anciens

«On nous a demandé de faire le même travail qu'à Genève pour les peintures flamandes et hollandaises.» On se souvient de cette opération, qui avait abouti à deux expositions réussies au Musée d'art et d'histoire (MAH). L'historien de l'art Frédéric Elsig et le restaurateur Victor Lopes ont exporté leur savoir-faire au Musée des Beaux-arts de Lyon. «Nous changions doublement de terrain dans la mesure où il s'agissait cette fois de cataloguer la peinture française des collections, des origines à la fin du XVIIIe siècle.» 

Il y a avait de la matière, dans cette institution aujourd'hui dirigée par Sylvie Ramond! «Nous avons compté 228 entrées, avec les va-et-vient que cela suppose. Nous avons rejeté l'origine française de certaines œuvres, alors que d'autres sont venues rejoindre le club.» Il a fallu trouver des auteurs pour chaque notice. Certains signataires sont bien connus (1). D'autres noms ne disent rien à personne. «Normal! Selon l'habitude qu'a instauré Mauro Natale, mon prédécesseur à l'Université de Genève, des étudiants ont été associés à l'opération.» Tout le monde y gagne. «Il est bon que des élèves en art moderne (XVIe-XVIIIe siècles!) se voient confrontés à un œuvre réelle, posant parfois des problèmes. L'enseignement ne peut pas rester théorique.»

Essais, notices et index 

Le corpus, comme on dit de manière un peu pédante, s'est vu divisé en six chapitres. Il est précédé de trois essais, Sylvie Ramond ayant commencé par débroussailler le terrain avec un historique des collections. Une bibliographie permet aux lecteurs que n'auront pas découragé les 464 pages de cet ouvrage de poids (à tous les sens du terme) de poursuivre. Des index guideront les mêmes personnes à s'y retrouver dans cette jungle de mots. «Le musée voulait un gros ouvrage ne s'adressant pas aux seuls spécialistes. Il fallait aussi que son prix demeure accessible.» 

Au fil des pages, l'amateur retrouvera des tableaux célèbres de Vouet, Jouvenet, Boucher, Greuze ou Le Brun. Il verra défiler l'école lyonnaise avec Jacques Stella, Thomas Blanchet, Louis Cretey (une découverte récente) ou Laurent Pécheux. Il finira ainsi par découvrir ce qui assure la spécificité d'un des multiples candidats au titre de «second musée de France après Paris.» Le public saura enfin dès les premières pages où l'institution entend aller. Selon Sylvie Ramond, il faut «renforcer certains ensembles», «acquérir des œuvres fortes» lyonnaises et «amoindrir l'hiatus entre les collections du XVIIe et du XVIIIe siècles». Autrement dit demeurer à la fois national et local. 

(1) Certains spécialistes se sont fait comme toujours tirer l'oreille. Une dame connue pour ses lenteurs ne s'étant toujours pas manifestée après deux ans de promesses, Frédéric Elsig a fait son travail à sa place.

Pratique

«Catalogue raisonné des peintures françaises du XVe au XVIIIe siècle, Musée des Beaux-arts de Lyon», ouvrage collectif, coédition Musée des beaux-arts de Lyon et Somogy, 464 pages. Photo (RMN): "La fuite en Egypte" de Nicolas Poussin, acquise en 2007. Un achat illustrant la politique volontariste du musée. 

Ce papier est jumelé avec celui sur la collection Jacqueline Delubac, situé immédiatement plus haut.

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