Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LIVRE/Lawrence Gowing et Turner peintre du rien. Une bonne réédition

Crédits: LDD

Certaines expositions sont des enterrements. De première classe, il est vrai. L'artiste en ressort plus mort qu'il n'était entré. Eh puis, il existe aussi les résurrections. Les rétrospectives dont le visiteur n'attendait soit rien, soit autre chose. Ainsi en est-il allé lorsque Lawrence Gowing (1919-1991) a proposé en 1966 son Turner non pas au Metropolitan Museum of Art de New York, mais au Museum of Modern Art. Le commissaire tirait ainsi un artiste tout de même décédé en 1851 du côté de l'art contemporain. Le paysagiste anglais devenait le père non seulement de l'impressionnisme, mais de l'expressionnisme abstrait, forme américaine par excellence. 

Gowing a publié sur le Britannique deux textes dans les années 1960. Ils se voient aujourd'hui repris une nouvelle fois (la première sortie date de 1994) par les précieuses éditions Macula. Le premier essai (publié ici en second) date de 1963. C'est «Turner et les images du néant». Le second est bien sûr la préface au catalogue de la présentation new-yorkaise de 1966, «Turner, Imagination et réalité». Elle démontait méthodiquement les a-priori anciens. «Au plus fort de l'engouement romantique pour la nature, il ne doutait pas que l'art s'édifie sur l'art.». 

Les deux écrits se révèlent typiques de la tradition anglo-saxonne. Aucun verbiage. Pas de grands mots. Tout se voit expliqué avec simplicité au lecteur, qui se voit gentiment pris par la main. D'où une impression de limpidité et d'évidence. Le dit lecteur se sent d'un coup intelligent. Je ne saurais en dire de même pour la petite page d'avant-propos, à laquelle j'avoue n'avoir à peu près rien compris.

Pratique

«Turner, Peindre le rien», de Lawrence Gowing, traduit par Ginette Morel, aux Editions Macula 120 pages. La même maison vient de sortit de Gowing «Cézanne, La logique des sensations organisées.»

Photo (LDD): Timothy Spall dans "Mr Turner" de Mike Leigh, long-métrage sorti en 2014.

Ce texte suit immédiatement le papier sur l'exposition Turner d'Aix-en-Provence.

 

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