Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LIVRE/Christian Vellas publie les "Légendes et histoires du Léman"

Crédits: Olivier Vogelsang/Tribune de Genève

Il y avait eu «Les légendes les plus étranges de Suisse», «Les légendes de Genève et du Genevois» et bien sûr «Genève insolite et secrète». Christian Vellas aime bien les mystères. L'homme a donc sorti, il y a déjà quelque temps, «Légendes et histoires du Léman», qui regroupe quantité d'historiettes fantastiques ou amusantes. «Cette fois, je crois bien être arrivé au bout de mon stock de récits», explique l'auteur de cet album à nouveau paru chez Slatkine. «Mais attention! Je n'ai rien inventé. Je me suis contenté de raconter, après avoir adapté. J'ai surtout dégraissé ces légendes de leurs épaisses couches de morale.» 

Je connais Christian Vellas depuis longtemps. Ce Nîmois est entré à la «Tribune de Genève bien avant moi. «C'était en 1966.» Il y a longtemps été chef d'édition. «A ma retraite, il m'est resté l'envie d'écrire. J'ai gardé la passion de l'Histoire. Et celle de Genève me passionne.» Il y a aussi eu la rencontre avec le bon éditeur, ce qui se révèle plus important qu'il peut sembler. «Je publie chez Slatkine depuis 1999. J'ai commencé avec Michel. Je continue aujourd'hui avec Ivan. Je suis quelqu'un de fidèle et eux aussi.» Et puis Christian Vellas possède une sorte de best-seller. Il s'agit de «Genève insolite et secrète» qu'un autre éditeur, Jonglez, sort et ressort avec des compléments. «Je rafraîchis à chaque fois le texte, mais c'est petit Genève!» Il n'empêche qu'avec une maison française, le livre se trouve partout où l'on parle français...

Récits recueillis par des religieux 

Comment trouve-t-on ces vieilles histoires? «Je travaille à partir de traditions orales. Les récits ont la plupart du temps été recueillis par des religieux. C'est très catholique, la légende! Il faut une religion de foi et de merveilleux.» Après avoir laïcisé le propos et donné une nouvelle forme au texte, il s'agit encore de l'illustrer. «C'est là la grande difficulté. Il n'existe pas d'images anciennes, ou très peu. J'ai donc eu l'idée de créer des photos-montages moi-même, afin de suppléer les carences.» J'ajouterai encore que mon interlocuteur a gardé du journal le goût de la mise en pages. Le produit livré à la maison Slatkine est donc quasi prêt à passer à la rotative. 

Mais qu'y a-t-il cette fois au menu? Des contes lacustres, bien sûr, mais pas seulement. Vous appendrez ainsi comment saint Gingolph est devenu le patron des cocus (après voir été assassiné par sa femme), qui sont les véritables pirates du lac et de quelle manière le Diable a bien pu faire reculer le lac. Toute religiosité n'a en effet pas disparu. Même si elle peut parfois sembler dérisoire. Les anguilles ont beau avoir été excommuniées au XIVe siècle par un évêque de Lausanne, elles n'en ont pas moins continué à proliférer!

Pratique 

«Légendes et histoires du Léman», de Christian Vellas, aux Editions Slatkine, 152 pages.

Photo (Olivier Vogelsang/Tribune de Genève): Christian Vellas, l'homme des légendes genevoises.

Texte intercalaire.

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