Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LIEU/L'Institut Giacometti ouvrira ses portes à Montparnasse le 21 juin

Crédits: Fondation Giacometti

Je vous l'avais annoncé. C'est fait. L'Institut Giacometti ouvrira ses portes à Paris le 21 juin, premier jour de l'été. Le bâtiment se trouvera 5, rue Victor-Schoelcher, dans le 14e arrondissement. Il fallait que le musée se situe à Montparnasse, où le sculpteur a travaillé quarante ans rue Hippolyte-Maindron. L'Institut occupera d'ailleurs un ancien atelier d'artiste. Il s'agit du décorateur Paul Follot (1877-1941). Je profite de l'occasion pour signaler qu'il s'agit là d'un excellent ébéniste dans la mouvance de l'Art Déco restée fidèle aux traditions. Vous trouverez des ses œuvres aux Arts décoratifs. 

L'architecte Pascal Grasso a restauré l'édifice en gardant les décors historiques se trouvant derrière l'étonnante façade des années 1920. Il a cependant fallu adapter les lieux afin qu'ils abritent une reconstitution de l'atelier du Grison Alberto Giacometti (1901-1966), bien connu par ses photographies prises par Cartier-Bresson, Sabine Weiss ou Ernst Scheidegger. L'ensemble avait été conservée par sa veuve, la Genevoise Annette Arm morte en 1993. Il y avait là 70 sculptures, dont les dernières sont restées inédites. Le mobilier frugal et les murs peints ont également été préservés par elle. L'ensemble se verra montré de manière permanente sous une forme immersive. Je me réjouis de voir ça,

Trois ou quatre expositions par an

L'Institut offrira trois ou quatre expositions par an, en sus de toutes celles très nombreuses rétrospectives qu'elle organise dans le monde en utilisant ses 350 statues, ses 90 peintures et ses 5000 dessins. L'inaugurale sera vouée aux rapports entre Giacometti et Jean Genet, qui fut occasionnellement son modèle. Suivra une autre, plus contemporaine, sur Annette Messager. Puis une troisième avec des photos de sculptures prises par Peter Lindbergh dans les réserves. L'Institut fera aussi office de centre de recherches sur l'art moderne (1900-1970). Un centre ouvert car s'adressera aux chercheurs comme aux étudiants et aux amateurs avec des colloques ou des master class. Ce centre publiera, comme je vous l'avais dit en son temps, des essais. Il créera des bourses. L'Institut possédera aussi une bibliothèque et un cabinet d'art graphique. 

Tout cela est dû à Catherine Grenier, nommée il y a quatre ans à la tête de la Fondation. Cette surdynamique a même trouvé le temps de publier une bonne biographie, toute simple d'accès, sur l'artiste. Survivante de Pompidou, où elle fut directrice adjointe du Musée national d'art moderne, Catherine a su créer une entité à la fois créative, positive et populaire à partir d'une Fondation qui allait droit dans le mur avec la personne l'ayant précédée. Elle n'était alors connue que par ses arguties et ses procès. Une bien mauvaise façon de diffuser l’œuvre d'un des géants du XXe siècle.

Photo (Institut Giacometti): La façade, ou du moins une partie, de l'ancien atelier de Paul Follot.

Texte intercalaire. 

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