ANCIEN RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

Dino Auciello a été rédacteur en chef adjoint à Bilan, responsable de bilan.ch, de novembre 2014 à juillet 2017. Il a rejoint Bilan en 2010, après avoir terminé ses études à l’Académie du Journalisme et des Médias de Neuchâtel.

Libre-échange sino-suisse: une déception?

Coup de frein brutal sur le commerce international. Les grandes négociations d’accords de libre-échange – notamment pour un marché trans-atlantique (TTIP) – se dirigent vers une impasse. Un protectionnisme ambiant que le G20, réuni récemment à Hangzhou, appelle à rejeter de toute urgence, constatant la progression des mesures restrictives qui affectent le commerce et les services. Les échanges affichent environ 3% de croissance par année, contre 7% avant la crise financière, selon l’OCDE. 

La Suisse, elle, poursuit activement son opération séduction auprès de la Chine, Etat clé sur lequel reposent des enjeux commerciaux majeurs et partenaire de premier plan en matière d’exportations et d’importations. 

L’accord de libre-échange sino-suisse est entré en vigueur en juillet 2014. Résultat? Si les relations entre les deux pays se sont intensifiées – elles affichent sur un an une croissance plus importante que les autres partenaires commerciaux de la Suisse – les entreprises helvétiques ne bénéficient pas pleinement de l’accord, présenté comme trop optimiste. C’est une déception, avancent même certaines sociétés industrielles. Les barrières tarifaires n’ont pas été levées comme elles auraient dû l’être: taxes et formalités administratives continuent d’être exigées, constatait notamment la Fédération de l’industrie horlogère suisse en début d’année. 

Il est certes encore tôt pour juger pleinement des effets de l’accord. Il faut du temps pour le mettre en œuvre et déployer les ressources adéquates, alors que la Chine fait face à un affaiblissement durable de sa croissance. 

Or, face au franc fort et à une compétitivité globale effrénée, les entreprises suisses ne peuvent se permettre de continuer à perdre du terrain. Il est nécessaire qu’elles puissent améliorer leurs échanges économiques sur l’immense marché chinois, en renforcer la sécurité, ainsi qu’assurer la protection de leur propriété intellectuelle.

Malgré des rapports privilégiés – elle est l’un des premiers pays à monter un partenariat stratégique avec l’Empire du Milieu – la Confédération reste un petit acteur sur le radar chinois. Il est peu probable qu’un accord bilatéral puisse réellement instaurer une situation gagnant-gagnant. 

Premier accroc: l’espoir – douché? – de la Suisse de devenir un grand marché offshore du renminbi, une promesse censée se concrétiser en parallèle de l’accord de libre-échange, dans le cadre de l’internationalisation de la devise chinoise. Or, il ne suffit pas d’ouvrir une banque de compensation – China Construction Bank, en l’occurrence – pour mettre en place cette infrastructure. Les places financières de Londres et du Luxembourg ont pris une longueur d’avance au détriment de la Suisse, malgré les conséquences encore floues d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. 

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