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MARKETEUR À L'ÈRE DU CLIENT CONNECTÉ

Blaise Reymondin a cofondé en 2004 l'une des premières agences spécialisées dans le web marchand. Aujourd'hui conseiller indépendant en marketing digital, il aide ses clients à comprendre les enjeux de la transformation digitale et tirer profit de l'Internet. A 46 ans, Blaise a collaboré avec plusieurs centaines d'entreprises et tissé des liens avec de nombreux dirigeants.

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Less is more™

Dans une société moderne toujours plus technologique et complexe, caractérisée par la quête effrénée du « toujours plus » et des statuts c'est compliqué sur Facebook, le summum de la sophistication serait-il désormais d'aspirer à moins; de feindre la simplicité ?

Ces dernières années, des appels se multiplient dans ce sens: à la décroissance, à vivre avec seulement cent objets, au jeûne intermittent. Dans les entreprises, on introduit le Lean management, pour simplifier les opérations, diminuer le gaspillage dans le but d'augmenter la productivité. Les collaborateurs convoitent le temps partiel autant que les augmentations de salaire, et le congé sabbatique n'est plus un tabou pour les dirigeants. Du côté des marques, on affine progressivement tous les logos, à l'instar du très récent de YouTube.

Nouveau logo Youtube

L'industrie n'a pas manqué de répondre à l'essor de ce mouvement que l'on peut qualifier de minimaliste. Avec des arguments hi-tech, sans craindre le paradoxe...

iOS 7, one more thing ?

Ce mois de septembre, l'iPhone subira sa plus grosse révolution depuis son lancement en 2007 avec la mise à jour de la version 7 de son système iOS, également utilisé sur l'iPad. Sa principale évolution ? Une simplification radicale de l'interface utilisateur au profit du flat design, un style graphique débarrassé de tout effet de relief ornemental, privilégiant la lisibilité.

Exit les fioritures et autres faux-semblants, par exemple les textures qui imitent le cuir, le bois et tous les effets de skeuomorphisme, ces éléments visuels dont la forme n’est pas directement liée à la fonction. Certains y verront une cure de jouvence directement inspirée par le concurrent Android, mais c'est oublier qu'Apple fut un précurseur dans le minimalisme, notamment avec le bouton unique sur ses souris et smartphones, et bien sûr le design épuré de ses appareils.

Autre exemple: la course à pied

Pendant des années, les marques de chaussures de running ont joué la surenchère avec la technologie et les matériaux: des semelles plus épaisses, avec plus d'air, plus de tenue, plus d'absorption, plus de profil, etc. Certains ont cependant contesté ce modèle, partant du principe que si l'humain s'est déplacé pendant des milliers d'années à pieds nus, ou rudimentairement chaussé, nous devions être physiologiquement prédisposés à courir « léger ».

Des puristes ont ainsi fustigé un demi-siècle d'innovation chez Adidas, Nike et consorts. Ils ont démontré que les pseudo-progrès ne répondaient en fait qu'à des besoins de marketing; l'essentiel one more thing à chaque nouvelle saison. Un truc que chérissait d'ailleurs Steve Jobs lors de ses présentations, pourtant aussi éculé que la débauche de « + » dans les réclames pour la lessive et le dentifrice. Et donc, sur l'impulsion de ces va-nu-pieds contestataires, les équipementiers ont sorti le modèle barefoot : 

Chaussure de running minimaliste

S'ensuivit un véritable mouvement global, d'abord exploité par des marques inconnues puis récupéré par les majors qui ont décliné l'offre vers le moins « extrême », pour un plus large public. Le modèle Free de Nike a connu un succès retentissant cet été, et jusque dans la rue. 

Et l'analogie avec la course à pied ne s'arrête pas là: pour maigrir et brûler des graisses, il faut courir avec une fréquence cardiaque plutôt basse, dans sa zone d'aérobie. Malgré cela, le jogger débutant aura tendance à courir au maximum de ses capacités, soudainement grisé par la motivation de perdre du poids. Un exemple parmi d'autres où le plus est l'ennemi du bien.

Les vrais génies de la simplicité

Mais les témoignages de simplicité les plus convaincants ne proviennent-ils pas de ces hommes et femmes capables de communiquer le plus simplement du monde à propos des choses les plus subtiles ? Je voue une réelle admiration pour des orateurs conteurs comme Jean Claude Ameisen qui présente « sur les épaules de Darwin (France Inter) », Pierre-Gilles de Gennes qui savait expliquer l'infini de l'univers à un enfant de six ans, ou plus près de nous Stéphane Garelli, le seul qui réussit à me faire comprendre la crise financière des subprimes avec son histoire de spaghetti. Leur génie réside dans cette aisance à apporter du sens à la complexité; exactement ce que prétend faire Jonathan Ive, le designer fétiche d'Apple. 

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