Bernard Radon

DIRECTEUR GÉNÉRAL DE COACHING SYSTEMS SARL

"Il y a chez Bernard Radon une quête perpétuelle pour comprendre les mécanismes de la stratégie et du management. Mais comment s’y prend-t-il pour coucher sur papier ce foisonnement d’expériences d'accompagnement de cadres et de cadres dirigeants? Je crois qu’il s’amuse à noter ses idées sur un petit calepin imaginaire. Il les transcrit ensuite sur des petits morceaux d’étoffe qu’il range soigneusement dans une boîte. Et quand le besoin de publier se fait pressant, il les sort, les trie, les arrange et enfin les coud soigneusement les uns avec les autres pour en faire un patchwork très ordonné dont l’image est non seulement cohérente, mais aussi d’une pertinence logique qui interpelle ses lecteurs. Il dit d’ailleurs en substance dans ses différents livres que l’on apprend à connaître son environnement par touches successives, comme si on reliait entre eux les morceaux d’un vaste puzzle. Au final, après avoir pris du temps, acquis et comparé toutes nos connaissances, c’est l’image d’ensemble qui se dégage: les organisations humaines dans toute leur complexité".

Les vrais leaders viennent de l'étranger

Voici la question à se poser après la nomination de Brady Dougan puis de Tidjane Thiam à la tête de Credit Suisse. Ces deux nominations ne sont-elles que la face émergée de l'iceberg ou au contraire le reflet d'un malaise beaucoup plus profond ?

Les universités au top ten

Incontestablement, nos écoles, qu'elles soient scientifiques ou de gestion, reçoivent les éloges des visiteurs étrangers sur le plan de la qualité du corps enseignants, de la recherche… jusqu'à l'entretien des locaux. L'EPFL, pour ne citer qu'elle, fait partie des 10 meilleures écoles du monde. La réponse ne vient donc pas de la qualité de l'enseignement.

L'herbe est-elle plus verte ailleurs ?

Un recrutement extérieur à haut niveau est un choc souvent destiné à marquer les esprits qu'un changement profond se prépare. Le message est clair : "Rien ne sera plus comme avant ; la fin d'un cycle de transformation est engagé, sans retour en arrière possible". Dans ce cas, un étranger est-il plus crédible ? Un Américain, Anglais, un Ivoirien font-ils plus chic ? Un manager suisse est aussi capable de gérer le changement qu'une autre nationalité, nous semble-t-il.

Tidjane Thiam, un CV exemplaire ?

Même aseptisé par le service de communication de Credit Suisse, le CV de Tidjane Thiam laisse songeur. Nul n'est parfait, il manque dans son CV des compétences bancaires et sans nul doute un séjour à Singapour ou a Hong Kong. Alors, où est l'erreur ?

Les managers suisses à l'épreuve du feu

Devenir un manager à haut niveau demande de grandes prises de risque. Aujourd'hui pour un Romand, un passage de quelques années à Zurich ne constitue plus en soi un choix décisif dans une carrière, même s'il est nécessaire. Parce que ni l'intégration dans le pays d'accueil, ni le retour ne sont garantis, quelques années à l'étranger sont le vrai point fort pour accéder au top.

Le parcours est déterminant

Abidjan, Paris, Londres, New-York, le CEO de Credit Suisse fait un parcours sans faute dans des sociétés prestigieuses. Ce parcours pendant lequel il s'est aguerri devient plus important que ses connaissances bancaires. Il en est de même pour Sergio Ermotti, le CEO d'UBS, pourtant il est Suisse. Alors, les vides en compétences laissent des opportunités à nos managers suisses à condition de vouloir se mettre en danger à l'étranger pendant plusieurs années. 

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