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Journaliste

Licencié en économie (Université de Genève), journaliste indépendant spécialisé en télécommunications, économie et investigation notamment avec des enquêtes sur le blanchiment d’argent et les escroqueries financières, Luigino Canal a été pendant 15 ans le correspondant en Suisse pour le quotidien économique français «Les Echos». Il a collaboré avec de nombreux médias suisses et italiens (Corriere della Sera, l’Espresso). Il se concentre désormais sur les grandes fortunes. Il participe depuis 15 ans à l’élaboration du classement de Bilan des 300 plus riches de Suisse.

Les riches Français prennent la clé des champs

Depuis les annonces, fin 2012, de la demande de nationalité belge de Bernard Arnault, CEO de LVMH, puis du départ, toujours dans le plat pays, de l’acteur Gérard Depardieu, la France s’est embrasée sur les questions de fiscalité touchant ses riches contribuables.

Selon une analyse du journal français «La Tribune», la France sera cette année championne du monde de la taxation. Compte tenu des nouvelles mesures prises par le gouvernement Hollande (hausse de l’impôt sur les bénéfices, des droits de succession, de donation, de l’impôt sur la fortune, etc.), les entreprises et les particuliers vont être les plus taxés au monde. Et le journal de citer l’exemple d’une taxation à 75% des loyers perçus par un propriétaire d’immeuble parisien. En 2013, certains contribuables travailleront pour le fisc jusqu’au 30 septembre, seuls les gains des trois derniers mois resteront dans leurs poches. De quoi décourager n’importe quel citoyen, aussi patriotique soit-il.

Résultat, l’offre d’appartements de luxe et d’hôtels particuliers a explosé dans les beaux quartiers de Paris, selon une enquête réalisée mi-janvier par Le Point. Le magazine consacre 18 pages à ses exilés fiscaux. Le flux de départ est tel, que des biens de milieu de gamme (entre 3 et 6 millions d’euros) ne trouvent pas preneur et que les prix sont parfois bradés au grand bonheur d’acheteurs russes ou sud-américains.

Riches héritiers et retraités, mais désormais aussi grands managers, banquiers, artistes et jeunes entrepreneurs font leurs valises. François Hollande veut taxer le capital comme le travail, mais face à la liberté de circulation des personnes et des capitaux, cette politique ne tiendra pas sur le long terme.

La Suisse perd ses atouts

Selon les estimations, les différentes formes d'évasion et de fraude fiscale en France représenteraient entre 50 et 80 milliards d’euros par an. Mais ce n’est pas en serrant la vis au maximum que l’on résoudra le problème. Au contraire. Face à la répression croissante du fisc, les riches vont, les uns après les autres, soit quitter le pays, soit optimiser fiscalement au mieux leur patrimoine. Le 24 janvier, le quotidien Libération expliquait comment l’homme d’affaires français Bernard Arnault, la plus grande fortune du pays, a exporté légalement ces dernières années son patrimoine vers la Belgique. Un montage juridique via une fondation privée destinée à préserver l’intégrité de son groupe de luxe LVMH.

Dans le Bilan de décembre consacré aux 300 plus riches de Suisse, nous estimions que la Suisse était en train de perdre de son attractivité pour les riches Français. Les faits nous donnent raison. Désormais, ils préfèrent la Belgique, Londres, le Luxembourg ou des destinations plus lointaines comme la Californie ou l’Asie. À Londres, l’administration fiscale aurait accepté de négocier cas par cas pour faciliter l’entrée des riches en Angleterre.

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