RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef adjoint à Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également responsable du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches.

Les riches font-ils les frais des populistes?

La 16e édition de notre vaste enquête sur les 300 plus riches de Suisse donne des clés pour appréhender l’impact des votations populaires qui se sont déroulées ces derniers temps. Certes, le peuple a largement refusé (à près de 60%) l’initiative fédérale visant à abolir les forfaits fiscaux, de même qu’il a refusé avec sagesse (à près de 75%) la volonté de taxer les successions pour combler l’AVS. 

Mais avec l’incertitude du résultat de ces votations pendant de longs mois, certains ont préféré prendre les devants, tel le Belge Claude Robert qui a vendu sa propriété genevoise pour s’installer sur Vaud. 

Très concrètement, le classement 2015 montre de nouveaux départs hors de Suisse (Claude Berda, Ricardo Portabella Peralta, John McManus, Trifon Natsis, la famille Salina Amorini ou encore Jonathan Lourie). Alors que les arrivées sont devenues rarissimes depuis deux ans. Dans le même temps, de plus en plus de Suisses ont préféré déménager sous des cieux plus cléments fiscalement, comme Monaco, Singapour, Dubaï, Londres ou le Portugal.

Cela étant, c’était sans compter sur l’impact du soudain renforcement du franc suisse face à l’euro. Il devient beaucoup plus coûteux de venir s’établir en Suisse pour un étranger, surtout s’il vient de la zone euro. 

Instabilité juridique

Alors qu’on ne peut pas faire grand-chose contre la force du franc, de nouvelles menaces pointent déjà. En effet, le Parti socialiste genevois a lancé un référendum afin d’augmenter le seuil de l’impôt d’après la dépense. Il estime que le Conseil d’Etat genevois «accorde un énorme cadeau fiscal aux plus riches» en fixant la dépense minimum à hauteur de 400  000 francs «et non pas de 600  000 francs comme l’ont fixé d’autres cantons».

Force est de constater que ce parti fait peu de cas du scrutin populaire! En effet, le 30 novembre 2014, le contre-projet du Grand Conseil genevois proposant de fixer une dépense minimale à hauteur de 600  000 francs a été refusé à 56,7%. Doit-on en déduire que les socialistes auraient la naïveté de croire que leur référendum pourrait cette fois-ci passer? Ou faut-il plutôt y voir une nouvelle action de pur marketing politique antiriches dont l’objectif est principalement de faire parler de ce parti et de tenter de faire revenir en son sein les nombreux déçus votant notamment pour le Mouvement citoyen genevois?

Une chose est certaine: en lançant un référendum sur l’imposition des forfaitaires fiscaux une année à peine après son échec, la gauche genevoise parvient à recréer une instabilité juridique potentiellement dommageable. La stabilité du cadre juridique et fiscal est capitale, notamment pour les familles qui hésitent à déplacer leurs enfants d’un pays à l’autre. 

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