Patrick Zanello

ENTREPRENEURS DANS LES MÉDIAS - NEWS & SPORT FACTORY SA

A 46 ans, Patrick Zanello a un parcours professionnel jalonné par les médias, sa passion !

Une carrière professionnelle qui est passée du monde des radios locales à la presse, en passant par des agences de publicité ainsi que la télévision, au sein de sociétés telles que Ringier, Publigroupe, L’agefi, Heinz Heimann, Sonor ou Concept Media/CSM, au service de marques comme « L’Hebdo », Audemars Piguet, « Tribune de Genève », Supra, « L’agefi », « L’illustré », « TF1 », « Edelweiss », « Le Matin »…

Doté d’un esprit créatif et orienté « objectifs » qui lui a permis de développer de nouvelles activités dans les différentes entreprises avec lesquelles il a collaboré, que ce soit en marketing, vente ou organisationnel. Son parcours professionnel lui a permis de créer des attaches fortes avec la Suisse alémanique, la France et l’Italie (autant d’occasions de découvrir de nouveaux spots pour la course à pied dans chacune des villes visitées).

Amoureux des médias, du contenu tant autant que du contenant, il développe une activité d’entrepreneur des médias depuis quelques mois qui se concrétise à travers la création de News & Sport Factory SA depuis l'été 2013. Factory active dans les métiers de régie publicitaire crossmedia, dans l'activité de marketing, dans la création de contenu et dans l'événementiel pour des médias référents autour de l'information et du sport.

Les projets fous d’Elon Musk, PDG de Tesla et initiateur de l'Hyperloop

Dans une nacelle de 2 mètres de diamètre, vous effectuerez le trajet de San Francisco à Los Angeles en 30 minutes en compagnie de 4 à 6 occupants logés dans la même nacelle. Un système électromagnétique, fonctionnant à l’énergie solaire, propulsera les nacelles dans un tunnel où l’air à haute pression entre ses parois et la "capsule" annulerait toute friction, lui permettant d'atteindre des vitesses proches du son (en attendant mieux). Le tout sans quitter terre...

Non, il ne s'agit pas d'un roman de science-fiction inédit de Jules Verne, mais du projet Hyperloop de l'industriel le plus innovant de moment: Elon Musk, "self-made-milliardaire" américain, patron du constructeur automobile Tesla.

Il a présenté son projet Hyperloop comme le prototype du "cinquième moyen de transport" moderne, après le bateau à moteur, le train, l'automobile et l'avion. Et si ce futuriste, écologiste acharné, avait raison ? S'il avait trouvé le moyen de se déplacer à des vitesses supersoniques pour un coût modeste et sans détruire l'ozone ?

 

Pris au piège, il n’a plus de temps pour Hyperloop

Lors d’une conférence téléphonique avec des financiers concernant Tesla Motors, Elon Musk a déclaré être trop occupé avec ses projets existants pour se lancer dans l’aventure de l’Hyperloop : « J’ai l’impression de m’être tiré une balle dans le pied en parlant de l’Hyperloop, parce que je suis trop stressé. Il faut que je me concentre sur Tesla et SpaceX et c’est plus que suffisant. Mais je me suis effectivement engagé à publier un design, et je vais en publier un, plutôt détaillé ».

Du coup, les internautes pourraient prendre le relais de ce projet et ils sont mis à contribution par le site de crowdfunding américain JumpStart Fund pour concevoir, puis peut-être financer, le train quasi-super sonique d’Elon Musk. Les dimensions participatives et collaboratives d’internet font partie des ressorts que ce visionnaire utilise dans ses entreprises.

A ce stade, JumStart Fund s’est fait un joli coup de pub et Musk a réussi à sortir de l’impasse dans laquelle il se trouvait suite à son manque de disponibilité ou de moyens pour ce projet.

Et si la Suisse ressortait de ses tiroirs Swissmetro ?

Une autre piste intéressant pourrait venir de la Suisse et on peut rêver que notre pays s’enthousiasme pour ce projet. Présence Suisse a pris l’initiative de mettre autour de la table les meilleurs ingénieurs et startups de l’EPFL et de l’EPFZ pour accompagner les équipes de Musk en Californie, les enseignements retirés de cette collaboration pouvant servir à relancer le projet Swissmetro avec des technologies d’aujourd’hui et le savoir de demain. Fabrice Delaye aborde ce sujet dans « Bilan ».

Je rêve toujours, quant à moi, de mettre 20 minutes entre Lausanne et Zurich !

 

Elon Musk, un parcours qui débute avec internet

Lorsqu’il se raconte, Elon Musk récite ce programme aussi placidement que s'il relisait sa liste de courses. "Premièrement, je voulais œuvrer pour une percée dans l'Internet". Ce fut le plus facile : cofondateur de PayPal, le système de sécurisation des paiements en ligne, Elon Musk a tiré environ 350 millions de dollars de sa vente à eBay, en 2002. "Deuxièmement, contribuer à rendre possibles les voyages interplanétaires pour les humains ; et troisièmement, améliorer l'environnement sur Terre ». Ce sont tous des chantiers en cours, et menés de front.

Un gourou et un génie, habité par le développement durable

A 42 ans, Elon Musk fait donc comme tous les patrons tendance : il pose deux smartphones sur la table lorsqu’il discute avec les journalistes. L'un le relie à Tesla, dont il a pris le contrôle en 2008 et qui construit des bolides électriques haut de gamme très prisés ses acteurs et hommes d'affaires californiens.

L'homme est secret (même si les gazettes ont cru le voir avec Cameron Diaz à son bras). Ses proches collaborateurs en parlent avec une révérence mâtinée d'adulation : le terme de "génie" est vite énoncé.

Une conviction l'habite : l'avenir est à l'énergie propre et à la conquête de l'espace. Si l'homme reste confiné aux énergies fossiles et aux seules limites terriennes, l'humanité court à sa perte.

Elon Musk est même le seul à se situer à l'intersection des deux familles qui bousculent le capitalisme américain. Avec Tesla, il fait partie du clan des "pionniers de l'or vert" décrits par Dominique Nora dans son livre publié chez Grasset en 2009, ces entrepreneurs et capital-risqueurs qui veulent transformer la Silicon Valley en laboratoire des énergies nouvelles. Avec SpaceX, il est membre de la fratrie des tycoons d'Internet, qui, comme Jeff Bezos, fondateur d'Amazon, fortune faite en ligne, ont choisi de se lancer dans le spatial à leur manière.

Carsten Schloter aurait pu travailler pour Tesla

Quoi qu'il en soit, en réussissant à développer sa voiture électrique révolutionnaire, celui qu'on voyait comme un semi-gourou a commencé à être pris au sérieux. M. Musk est la nouvelle coqueluche de la Silicon Valley. Avec 7,7 milliards de dollars de patrimoine (+220 % en un an), selon le Bloomberg Billionaires Index (l'indicateur des milliardaires de l'agence financière), sa fortune s'est accrue d'un coup de 570 millions, jeudi 8 août, lorsque l'action Tesla a pris 14 % en Bourse, après l'annonce de résultats opérationnels en hausse de 22 %.

Si vous pouvez tester un véhicule de la marque Tesla à Genève ou à Zurich grâce à un importateur de la place qui a misé sur ce produit très haut de gamme, c’est le décès de Carsten Schloter (ex-CEO de Swisscom) qui a mis Tesla sous les projecteurs de l’actualité suisse, dans un contexte de bonne santé financière de la société. En effet, Schloter envisageait de rejoindre le constructeur automobile américain selon la presse économique alémanique.

 

Tesla, un véhicule durable made in Silicon Valley

C’est à Fremont, en pleine Silicon Valley, que Tesla a racheté un ancien site de Toyota. Le constructeur japonais y produisait 450'000 véhicules par an, Tesla en produit près de 30'000. Pas si mal quand on sait qu'au démarrage des chaînes, le 22 juin 2012, la production était de... 5 par semaine !

La marque ne produit que deux types de véhicules. Le premier, le Roadster, est un modèle sport à 109 000 dollars pour "manageurs écolos californiens". Le second est une berline de qualité, la Model S, proposée à 69 900 dollars - 62 400 dollars après le crédit d'impôt alloué pour aide à l'énergie propre ! A Fremont, on est très loin de l'ambiance du Michigan, le coeur historique de l'automobile américaine. Première explication : le management n'est pas issu de l'automobile, mais de la haute technologie. C'est parce qu'il pensait "électricité", et non pas "véhicule", que la solution pour des batteries de voiture à la puissance inédite a été trouvée.

Deuxièmement, la Silicon Valley, c'est une ambiance "cool" et ultracompétitive. Les ouvriers de Tesla, qui viennent tous de la "vieille industrie", semblent s'en être accommodés. Et leurs dirigeants ont fait quelques entorses à l'esprit entrepreneurial : ils ont accepté les syndicats. Troisièmement, l'organisation du travail diffère fondamentalement des pratiques du secteur. A Fremont, les chercheurs travaillent dans un vaste espace ouvert, près des autres activités.

Dernièrement, autre originalité de Tesla : le niveau d'intégration et de production en propre y est bien plus important que chez les grands constructeurs automobiles. La plupart des composants d'un véhicule rempli de matériels high-tech sont fabriqués sur place.

 

Du design aux batteries, coeur de la révolution Tesla, en passant par les pièces (80 % d'aluminium et une grosse utilisation de la fibre de carbone), les 4/5ème du véhicule sont fabriqués ici. La robotisation équivaut à celle des meilleurs constructeurs, mais une attention très importante est accordée aux finitions.

2000 dollars d’économie annuelle, au minimum !

Certes, la Tesla reste chère, mais, entre moindre maintenance et absence de frais de carburant, le gain de l'utilisateur peut atteindre 2 000 dollars par an. Et les batteries au lithium ont amélioré leurs performances de 50 % en deux ans. Les chercheurs de Tesla travaillent sur une batterie qui garantira jusqu'à 1 000 km d'autonomie pour un coût énergétique dérisoire. Enfin, les ingénieurs de la marque préparent pour 2014 un véhicule à 30 000 dollars, ce qui mettrait le véhicule en compétition directe avec les modèles hybrides de Toyota ou Honda.

Cette réussite a déjà poussé la concurrence à multiplier les investissements dans l'électrique. Pas seulement Toyota et Mercedes, qui détiennent 7 % de participation dans Tesla et des accords technologiques avec elle. Ford et GM ont aussi embauché à tout-va dans la recherche électrique.

Elon Musk, le meilleur ami des largesses d’Obama ?

Ce chantre de la libre entreprise a été le premier bénéficiaire de l'argent public consacré à la stimulation des secteurs innovants. Au creux de la crise de 2009, alors que le développement de Tesla commençait à s'étioler, Elon Musk a eu le soulagement de recevoir 400 millions de dollars de prêt accordés par l'administration Obama. Côté spatial, il a signé avec la NASA, à la fin de 2008, un contrat de 1,6 milliard de dollars pour assurer du transport de matériels jusqu'à la Station spatiale internationale. Et il doit encore toucher une bonne part des 6 milliards budgétés par la Maison Blanche sur cinq ans, en faveur du transport privé de matériel mais aussi d'hommes. 

Elon Musk n'oublie de remercier ses généreux contributeurs politiques, en soutenant, en particulier, les démocrates et les verts.

Une cotation potentiellement surévaluée

Bien sûr, les sociétés d’Elon Musk demeurent des niches industrielles qui peuvent secouer le marché. Toutefois, l’action Tesla a bondi de + 300% depuis le début de l’année. Mais, avec 30 000 véhicules produits à ce jour (les ventes à l’étranger représentent 30 à 40% du volume annuel de vente, la Chine est en ligne de mire dès 2014), est-il logique que sa capitalisation atteigne celle du japonais Mazda, qui en vend 1,3 million par an ?

Dans une interview à l'hebdomadaire Timel'ambitieux Elon Musk explique que son objectif est d'être "partie prenante de choses qui vont faire une différence importante pour le devenir de l'humanité".

Il fait ce qu’il dit et le dit avec beaucoup de panache. Chapeau au visionnaire Musk !

Pour aller plus loin:

Intervention d'Elon Musk à la conférence AllThingsDigital

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