Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Les paysans sur l’autel du libre-échange

Ils représentent moins de 3% de la population active et leur production pèse moins de 1% de la richesse créée en Suisse! Les paysans jouent pourtant un rôle clé. Sans eux: pas de céréales ni de yaourts au petit déjeuner, ni de viande, de légumes ou de fruits à la pause de midi ou au dîner. Leur malaise nous concerne donc directement. 

En ce mois d’août, ce n’est pas seulement les conséquences de la sécheresse de cet été qui les inquiètent, mais plutôt la nouvelle politique agricole que le Conseil fédéral tente de concocter. Parmi ses objectifs prioritaires figure une plus grande ouverture des frontières helvétiques aux produits étrangers. 

Dans les campagnes, cet affaiblissement de la protection douanière est fortement redouté car il vise à faciliter les importations. Les paysans peuvent cependant compter sur leurs associations faîtières qui ont une fâcheuse tendance à repousser d’emblée tout projet de réforme et sur la redoutable force de frappe de leurs représentants aux Chambres fédérales, alors que la population est plus ou moins versatile. Si cette dernière a régulièrement soutenu leur combat sur le plan politique, ses actes ne suivent pas forcément une ligne très claire (tourisme d’achat, prix bas, etc.).

Deux initiatives à suivre

C’est dans ce contexte que les citoyens helvétiques se prononceront le 23 septembre prochain sur deux initiatives dont l’objectif est de renforcer, à des degrés différents, le protectionnisme agricole. Leurs auteurs comptent profiter des préoccupations des consommateurs autour de la qualité et de la provenance des denrées alimentaires, du respect de l’environnement et des méthodes de production pour remporter la bataille des urnes.  

Non-discrimination

Les exigences des initiants ne sont pas totalement inconciliables avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce consacrées au principe de la non-discrimination. Dans sa jurisprudence, le gendarme des échanges ne s’est pas déterminé clairement sur la distinction entre un produit OGM et un produit n’en contenant pas et entre un produit bio et un produit conventionnel. 

Cette question se pose aussi avec acuité dans le cadre des négociations entre la Suisse et le Mercosur, dont les membres (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) visent une hausse importante de leurs exportations de viande et de blé vers notre pays.

à ce jour, la Suisse n’a pas sacrifié son agriculture sur l’autel du libre-échange et du libéralisme. Seule une ouverture progressive et proportionnée des frontières peut permettre aux paysans de s’adapter. Mais, au bout du compte, ce sont les consommateurs qui choisissent!

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