Antoine Verdon

ENTREPRENEUR ET INVESTISSEUR, ZURICH

Antoine Verdon crée sa première société, Sandbox SA, après des études de droit à Fribourg et à Saint-Gall, puis dirige un fonds d'investissement basé à Zurich, actif dans les fintechs. Il conseille actuellement plusieurs banques en matière de digitalisation et lance un nouveau projet à l'intersection de la technologie et du secteur juridique. En 2010, il est nommé par le magazine L'Hebdo parmi les « 100 personnalités qui font la Suisse romande ».

Les nouveaux modèles de médias sont technologiques

La montée en puissance de nouveaux acteurs tels que le Huffington Post et Buzzfeed est en passe d’accélérer le processus de changement que vivent en ce moment les médias suisses et internationaux.
 
Le problème auquel les médias font face actuellement est bien connu:
  • la consommation des contenus digitaux et à la demande est en forte augmentation;
  • la consommation des formats traditionnels (papier pour les journaux / magazines, diffusion à heure fixe pour les radios / télévisions) est en baisse;
  • chaque média a développé une stratégie digitale, mais seulement pour découvrir que les lecteurs ne sont pas prêts à payer la même chose pour des contenus digitaux que pour des contenus papier, et que malheureusement, les annonceurs non plus.
 

Technologie

Le vrai problème: les médias ne pensent pas encore “online”. Pour cela, il ne suffit pas que le CEO ouvre un compte Twitter. Il s’agit d’entreprendre une profonde transformation technologique, basée sur un contenu rédactionnel et publicitaire dynamique et adaptée aux utilisateurs. Pour fidéliser ses visiteurs tout en générant des revenus suffisants, un média doit être en mesure de leur mettre à disposition de façon répétée du contenu intéressant accompagné de publicités pertinentes.
 
Il doit aussi comprendre le rôle du partage social dans la diffusion des contenus. Associer du contenu à des utilisateurs, voilà ce qui permet à de nouveaux médias tels que Buzzfeed de réaliser des profits croissants. Les nouveaux modèles de médias sont avant tout technologiques, et je ne serais pas étonné si dans quelques années, les rédactions comptaient autant de programmeurs que de journalistes.
 

Spécialisation

Un autre problème des médias traditionnels: l’arrivée d’internet les a exposés à une concurrence internationale. Parce que les lecteurs peuvent accéder aussi facilement à l’un comme à l’autre depuis leur navigateur, la rubrique internationale de 24 Heures est en concurrence directe avec celle du Monde. Tout comme les Pique-Meurons sont en concurrence avec House of Cards.
 
Afin de survivre, les médias devront se spécialiser drastiquement: cela fait-il encore du sens pour un journal local d’avoir ses propres critiques de cinéma ou de couvrir les Jeux olympiques? Les médias locaux ont un domaine qui leur est propre et dans lequel ils doivent se positionner: l’information locale. Pour tout le reste, ils devront déterminer l'information qu'ils doivent produire eux-mêmes, et celle qui peut être achetée à moindre coût auprès d’autres médias producteurs de contenu.
 

Diversification

Finalement, une voie supplémentaire suivie par de grands journaux et magazines tels que le New York Times et The Economist: créer un univers autour de leur marque. Si le contenu journalistique ne leur rapporte pas grand chose, ils réalisent des profits en utilisant leur marque pour organiser des conférences de haut niveau ou offrir des services de conseil (comme l'Intelligence Unit de The Economist). L’ouverture d’un café NZZ à l’aéroport de Zurich est un autre exemple de cette tendance.
 
 

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