Strobinofabrice

ANALYSTE CHEZ ANALYSES & DÉVELOPPEMENTS IMMOBILIERS

Diplômé de l'Institut d'études immobilières (IEI), Fabrice Strobino est architecte universitaire et chef de projets immobiliers chez Analyses & Développements Immobiliers depuis 2003. Il a en outre suivi le cursus de l'AZEK pour les gérants de fortune. Fort d'une expérience de plus de 4000 expertises pour de grandes banques, il est membre de l'Association des promoteurs et constructeurs genevois (APGC) et membre de la Chambre suisse des experts immobiliers (CEI).

Les marchés retiennent leur souffle dans la fébrilité

On fait de l’apnée ! La fin du premier trimestre est souvent le moment de consulter les oracles défunts, pour savoir si leurs prédictions du nouvel an prennent sens ou s’évaporent telles les bonnes résolutions.

Le ciel devient clair, mais les marchés retiennent leur souffle, hébétés par les résultats en Angleterre et récemment aux Etats-Unis. Ils se disent : « Et s’il se passait la même chose en France ?! Si l’impensable se produisait. » Le diable a été peint sur la muraille et, pour le quotidien des votants, rien ne s’est passé.

Par contre, les politiciens sont de plus en plus déconnectés des réalités quotidiennes. Avec de belles montres et de beaux costumes, ils décident que ceux qui sont plus pauvres qu’eux ne doivent pas accéder à la propriété, car ils pourraient faire caler la belle machine de la croissance, en cas de défaillance financière.

Ils ont simplement oublié que nous traversons une mer déflationniste et la planche à billets tourne sans cesse. De l’autre côté, des intellectuels « bobo », en vélo électrique et n’achetant que des aliments bio-local, essayent d’insuffler leur parole d’Evangile à ceux qui peinent à boucler les fins de mois. Ils leur refusent l'accession à la propriété sous prétexte de les protéger contre les bailleurs. Et si le prochain vote était un vote sanction contre les tous les politiciens, de tout bord, comme l’a été celui de RIE III, et les élections, avant.

Pour l’instant, les décisions politiques de droite et de gauche portent leurs fruits. La classe moyenne étouffe. Et en cette période de taux bas et de loyers très élevés, elle se voit refuser l’accession à la propriété. Pas assez de de fonds propres et tenue des charges théoriques impossible. Alors la frustration mène au vote refus. Dans les pays les plus pauvres d’Afrique, cela a même été plus loin.

2017 s’annonce difficile. Le 10 mars, l’OCSTAT relevait que l’économie genevoise était en panne de croissance. Les coupes budgétaires vont encore s’accélérer. Se féliciter que le canton a construit plus de 2'000 logements en 2016 alors que le solde migratoire est de 6'000. Une blague, non ?! Les loyers ne baissent pas ! Pourtant, stimuler la construction pourrait répondre aux attentes de la classe moyenne qui cherchent à être propriétaire et donner une aide à l’économie plus qu’enrouée.

Mais à l’approche des élections en France, on préfère retenir sa respiration.

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