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Journaliste

Licencié en économie (Université de Genève), journaliste indépendant spécialisé en télécommunications, économie et investigation notamment avec des enquêtes sur le blanchiment d’argent et les escroqueries financières, Luigino Canal a été pendant 15 ans le correspondant en Suisse pour le quotidien économique français «Les Echos». Il a collaboré avec de nombreux médias suisses et italiens (Corriere della Sera, l’Espresso). Il se concentre désormais sur les grandes fortunes. Il participe depuis 15 ans à l’élaboration du classement de Bilan des 300 plus riches de Suisse.

Les KHOL rivalisent avec les GAFA

C’est la révélation de notre classement 2018 des fortunes d’Europe. Les KHOL ont pris le pouvoir. Cet acronyme imaginé par le bureau d’études AlphaValue désigne les groupes Kering, Hermès, L’Oréal et LVMH. C’est la version française des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), une sorte d’équivalent «luxe & beauté» des entreprises californiennes de technologie.

Avec l’entrée d’Hermès au CAC 40, les valeurs du luxe pèsent quelque 400 milliards d’euros dans cet indice, soit environ 24%. Loin devant les secteurs financier, pétrolier et industriel qui n’occupent que la quatrième position. Depuis deux ans, les valeurs du luxe brillent en bourse pour la plus grande joie de leurs actionnaires. Selon AlphaValue, leur capitalisation s’est accrue de 107 milliards en 2017. Entré en bourse en 1993 à 45 euros, Hermès s’échange aujourd’hui autour des 525 euros.

Comparée aux GAFA, la capitalisation des KHOL reste modeste, mais leur modèle repose sur une longue tradition. Hermès affiche 181 ans, contre 14 ans à Facebook. Le réseau social sera-t-il encore là dans un siècle? Le luxe «made in France» emploie près de 200 000 personnes, il possède des savoir-faire uniques, quasiment impossibles à délocaliser. En matière de valorisation, les KHOL supplantent les GAFA. Ils se paient en moyenne 28 fois les résultats attendus pour 2018. En face, hormis Amazon dont le multiple dépasse 130, les sociétés technologiques se paient environ 21 fois les profits. Au point que certains estiment que le secteur du luxe a peut-être mangé son pain blanc et que le retour de balancier n’est pas loin (lire aussi pages 50 à 52).

Chanel dépasse Gucci

Reste qu’il manque un «C» aux KHOL, celui de Chanel. Le groupe des frères Alain et Gérard Wertheimer n’est pas coté en bourse. Mais, pour la première fois de son histoire, la maison de la rue Cambon vient de lever le voile sur ses résultats financiers. Ces dernières années, c’est Bilan qui révélait les chiffres de Chanel en obtenant auprès du Registre du commerce d’Amsterdam les comptes de Chanel International.

Pour 2017, la société a décidé de nous couper l’herbe sous les pieds et de publier elle-même ses données globales. Elle affiche 8,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires et son résultat opérationnel s’établit à 2,3 milliards (+22,5%). Ce qui place Chanel nettement devant Gucci, la perle de Kering, dont les ventes se sont établies à 6,2 milliards l’an dernier. Elle est même au coude-à-coude avec Louis Vuitton, première marque mondiale de luxe. 

Résultat, la fortune estimée de la famille a été réévaluée. Elle a doublé pour atteindre 46,4 milliards de francs. Selon la société, en 2016, ses actionnaires ont perçu 591 millions de dollars en dividende et 109 millions l’an dernier. 

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