Banquiers anonymes

Bud Fox et ses acolytes dévoilent les dessous de la place financière genevoise. Ce collectif de banquiers anonymes a décidé de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

Les grandes banques étrangères lâchent le private banking

Le paysage bancaire suisse subit depuis 2010 un nettoyage en profondeur. Selon l’Association des banques étrangères en Suisse, entre 2010 et 2013, « 80 banques se sont retirées (suite à des fusions, liquidations, retraits ou restitutions de licence); 49 étaient des banques étrangères. La Finma ne donne aucune information sur les demandes d’entrée au marché et leur issue (approbation, refus, abandon). »

Alors que les démêlés du Credit Suisse avec la justice américaine faisaient la une des quotidiens, la récente acquisition du Private Banking de Morgan Stanley par la banque J. Safra Sarasin est passée inaperçue. Cette opération est une suite logique déclenchée il y a deux ans par Julius Baer qui rachetait la gestion de fortune internationale de Merrill Lynch.

Les grandes banques étrangères quittent le Private Banking car la transparence fiscale exigée par les pays où se trouvent les maisons-mères rend l’activité dangereuse, mais aussi à terme moins lucrative. Néanmoins, je me pose la question: ne serait-ce pas également un moyen de mettre en place un « pare-feu » qui effacerait la plupart des traces d’activités peu reluisantes pratiquées par ces mêmes banques ?

Barclays annonçait en début d’année vouloir licencier entre 10 et 12'000 emplois cette année. Le chiffre vient de monter à 14’000, et 7'000 de plus d’ici 2016, afin de se concentrer sur ses « core markets »… comme le Credit Suisse d’ailleurs.

L’exemple le plus récent est celui d’HSBC qui voit son bénéfice décliner de 8.4 milliards à 6.8 milliards de dollars. La gestion de fortune (dont le siège est à Genève) a vu ses fonds sous gestion passer de 403 mia à 381 mia de dollars. La banque n’a pas fourni de détails sur l’évolution des fonds gérés. Ce que l’on sait, c’est que l’Europe a contribué pour 19 milliards sur les 22 dans cette chute.

Néanmoins, les fruits des nombreux plans de restructuration se concrétisent. Les coûts ont connu une compression drastique, passant de 566 millions à 441 millions. Cela continue avec l’annonce le 23 avril dernier de la suppression nette de 1’149 emplois au Royaume-Uni. La partie du communiqué d’après moi qui est la plus intéressante: "Ces changements reflètent l'évolution des comportements des clients et des règlements." Les mots « des comportements des clients » sont superflus. Il est hautement probable que ces grandes banques étrangères cherchent à se séparer de marchés « chauds » sous prétexte qu’ils sont peu rentables. Comme disait Fernand Raynaud : « ça eut payé mais ça ne paye plus ! »

 

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