Emilyturrettini

CHRONIQUE INTERNET

De nationalité américaine et suisse, Emily Turrettini publie une revue de presse sur l'actualité Internet depuis 1996 et se passionne pour les nouvelles tendances.

Les espoirs fous autour de "l'impression 4D"

Alors que l'impression 3D commence seulement à se généraliser avec l'apparition sur le marché d'imprimantes à prix abordables, une nouvelle révolution se dessine dans les laboratoires avec "l'impression 4D". Une technologie qui permet aux matériaux de changer de forme après leur impression. C'est donc ce facteur temps qui donne à l’imprimante 3D sa 4ème dimension.

Lors d'une intervention TED en Californie en février dernier, le professeur Skylar Tibbits a déjà fait grand bruit dans la presse. Architecte et informaticien scientifique au MIT Self Assembly Lab, il a démontré comment des matériaux imprimés pouvaient changer de forme au fil du temps.

Les modifications réalisées à ce jour ont eu lieu grâce à l'eau (vidéo), mais à l'avenir les matériaux réagiront à d'autres énergies comme la chaleur, les secousses, le gaz, la gravité ou les champs magnétiques. 

Mais dans quel but? L'exemple souvent donné des meubles IKEA sortis de leur emballage qui s'assemblent tout seuls est encore du domaine de l'utopie. Le professeur Tibbits dans sa conférence prend plutôt comme exemple l'infrastructure des canalisations, où l'on constate de gros problèmes d'efficacité de consommation énergétique et des techniques qui demandent une main d'oeuvre excessive.

« Les canalisations d'eau dont nous disposons ont une capacité fixe, avec des débits fixes, sauf quelques vannes et pompes coûteuses. Elles sont enterrées et si quoi que ce soit change dans l'environnement, au niveau du sol ou de la demande, il faut les déterrer, les refaire et les remplacer. Grâce à des matériaux programmables qui se construiraient eux-mêmes, les interventions humaines ne seraient plus nécessaires. »

Le gouvernement des Etats-Unis y croit. Selon le site GigaOM dans un article publié mardi dernier, le Département de Recherches de l'Armée Américaine vient d'accorder une bourse de $855,000 aux universités de Harvard, Illinois et Pittsburgh pour le développement de matériaux capables de se transformer.

Par exemple, l'uniforme d'un soldat pourrait se transformer en camouflage ou en un vêtement résistant aux éclats d'obus. Ou encore le revêtement d'un véhicule pourrait changer de structure dans un environnement salin afin de le protéger de la corrosion.

Le professeur de Harvard, Jennifer A. Lewis, ingénieure en biologie, explique que la technologie de l’impression 3D permet aux chercheurs de programmer des fonctionnalités complexes aux niveaux nano et micro, non seulement pour toute une structure mais à des endroits spécifiques dans une structure.

«Si la possibilité existe d’utiliser des matériaux qui peuvent changer de propriétés ou se transformer de multiples fois, il ne sera plus nécessaire de les fabriquer pour un usage unique. Et si ce matériau unique est capable de réagir à la lumière en changeant de couleur, de modifier sa perméabilité selon la température ou de se durcir en réaction à une force extérieure, alors ce sera la porte ouverte à une nouvelle génération de capteurs, de revêtements, de textiles et de composants structurels intelligents.»

Je ne comprends pas tout. Mais wow.

 

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