Emilyturrettini

CHRONIQUE INTERNET

De nationalité américaine et suisse, Emily Turrettini publie une revue de presse sur l'actualité Internet depuis 1996 et se passionne pour les nouvelles tendances.

Les entretiens d'embauche seront menés par des robots

Pour décrocher un emploi ou être promus au sein du gouvernement américain, les candidats aux postes qui nécessitent une habilitation de sécurité - la procédure permettant à une personne d'avoir accès à des informations protégées - seront bientôt interviewés par des êtres virtuels.

Ces avatars sont des logiciels générés par des ordinateurs, et selon une étude commanditée par l'unité de recherche de l'armée (NCAA) et rapportée par le magazine Vice, ils obtiendraient des réponses plus sincères de la part des candidats, qu'aux mêmes questions posées par un être humain.

Un test standard pour répondre à une offre d'emploi au sein du gouvernement exige que le candidat remplisse un formulaire où il doit préciser s'il a déjà consommé de la drogue, eu une activité criminelle ou un problème de santé mental. Les réponses sont ensuite passées en revue par un officiel avec le candidat en personne.

Dans ce contexte et pour cette première étape, des interviews menées ainsi seraient un gain de temps et une économie de personnel pour le gouvernement, éliminant toute forme de jugement ou de préjudice.

Au-delà du recrutement, l'armée américaine envisage d'autres applications, en particulier dans le domaine de la médecine.

Suite à une étude réalisée par l’Institut de recherche à l’Université de Californie du Sud qui va être publiée dans Computer in Human Behaviour, les chercheurs ont recruté 239 adultes sur le site de petites annonces Craiglist. Les participants, âgés entre 18 et 65 ans, ont été invités dans un laboratoire pour être interviewés par des avatars pour leur admission dans un hôpital.

A certains, on leur a dit que les questions des avatars étaient générées par un programme informatique, à d'autres qu'elles étaient contrôlées à distance par un être humain.

L'étude a révélé que les candidats étaient beaucoup plus honnêtes pour décrire leurs symptômes - aussi embarrassants soient-ils - lorsqu'ils pensaient qu'une vraie personne n'était pas de la conversation, et que l'entretien était anonyme.  

Cette étude est la première preuve empirique que les personnages virtuels peuvent récolter des informations personnelles dans un environnement clinique. Cela donne de bonnes raisons aux médecins d'envisager d'utiliser des avatars comme premier contact avec leur patient. Les réponses récoltées ainsi pourront les aider à faire un meilleur diagnostic et traiter leurs patients de manière appropriée.

Les chercheurs ont bien précisé que les humains virtuels seraient censés supplémenter - et non remplacer des professionnels en chair et en os.

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