Banquiers anonymes

Bud Fox et ses acolytes dévoilent les dessous de la place financière genevoise. Ce collectif de banquiers anonymes a décidé de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

Les données volées de HSBC circulent librement

On se rappelle tous du vol de données de HSBC perpétré par son ex-informaticien Hervé Falciani. Les autorités françaises avaient, dans le plus grand « respect » du droit international, non seulement utilisé ces données volées, mais également fait profiter d’autres gouvernements (ce qui, dans mon monde, s’appelle du recel).

De plus, certaines autorités de l’Hexagone affirment que ces données ont été manipulées! On pourrait se poser des questions sur le type de justice qui accepte et légitime des données qui non seulement sont le fruit d’un vol, mais dont l’intégrité est remise en question par les autorités proches de l’enquête... mais là n’est pas le propos.

On apprend maintenant qu’une nouvelle étape a été franchie: ces données personnelles « circulent » pratiquement librement. HSBC a écrit dernièrement à ses clients que des journalistes ont accès à ces données volées, et surtout que ces derniers n’hésitent pas à prendre contact avec les (ex) clients de la banque en vue de confirmer ces données confidentielles.

D’une part, si j’étais client, j’apparenterais cela à du chantage et à une intrusion dans ma sphère privée. D’autre part, comment se fait-il que de telles données soient en possession de journalistes? Certains fonctionnaires peu scrupuleux ont visiblement transmis ces informations.

Quid du respect de la loi ? De la déontologie de certains journalistes ? Je me demande : si on infiltrait ces mêmes journalistes et que l’on transmettait des informations à des personnes externes, ne seraient-ils pas les premiers à mettre en avant la liberté de la presse et la protection de leurs sources?

Cette protection de la sphère privée devient primordiale, alors que la mise en place de l’accord FATCA entre la Suisse et les Etats-Unis et de l’échange automatique selon les standards de l’OCDE visant à une transparence absolue en matière fiscale établissent de nouveaux enjeux.

En effet, la transmission de données à des gouvernements moins respectueux des lois (voire des droits de l’homme), et pour ne pas dire corrompus, ouvre la porte à de nouvelles menaces.

Chasser les fraudeurs et autres optimiseurs fiscaux est louable. Ce n’est plus le cas si c’est fait en-dehors du respect des lois et du droit, et ceci ne souffre d’aucune interprétation ni d’exception.

Alors que la transparence est l’argument mis en avant pour nous protéger et rendre la société plus « sûre », je doute que cela soit le cas au vu de ce qui précède… Mais il est plus populaire de chasser les fraudeurs que de prôner l’austérité.

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