Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Les deux visages de la Suisse

La Suisse est dans une situation paradoxale! D’un côté, elle surfe sur une croissance dynamique et créatrice de nouveaux emplois. De l’autre, elle enregistre un nombre record de bénéficiaires de l’aide sociale. 

Les chiffres que nous dévoilons dans notre dossier montrent que la Suisse romande est davantage touchée par ce phénomène que la Suisse alémanique. L’intégration sur le marché du travail semble plus difficile de ce côté-ci de la Sarine parce que l’apprentissage rencontre moins de succès que chez nos voisins. Le Genevois ou le Neuchâtelois attend aussi davantage de l’Etat que le Zurichois ou l’Argovien.

Au-delà de ces différences cantonales reste une évidence: l’excellente tenue de l’économie suisse ne profite pas à tous les habitants de ce pays. La situation n’a rien de dramatique en comparaison internationale. 

Mais cette dernière est tout de même alarmante. Car elle peut rapidement s’aggraver. D’autant que de nombreux emplois non qualifiés disparaîtront avec la fin de l’arrimage du franc à l’euro. Dans ce cas, les coûts à charge des collectivités publiques continueront d’exploser.

La question centrale porte sur la qualité de la formation scolaire, professionnelle et continue, ainsi que sur l’intégration des individus sur le marché du travail. Certes, la Suisse fait beaucoup mieux que la majorité des pays qui l’entourent. Mais rien n’est gagné, comme le montre la surreprésentation des personnes sans qualification au chômage et à l’aide sociale.

Sortir des sentiers battus

Le combat mené par le conseiller d’Etat socialiste Pierre-Yves Maillard dans le canton de Vaud commence à porter ses fruits. La création de prestations complémentaires pour les familles a permis de stabiliser le recours à l’aide sociale. C’est déjà une victoire. 

Certains acteurs de la politique sociale n’hésitent plus à reprendre des termes davantage employés dans les sphères de l’économie que dans leur milieu. Ils osent évoquer la nécessité de sortir des sentiers battus pour innover, parlent de culture de l’efficience et misent sur un retour sur investissements des prestations versées. Ce langage heurte encore trop souvent les consciences bien-pensantes.

On ne peut pas non plus ignorer le niveau insuffisant de certaines rétributions. Après l’échec de l’initiative sur le salaire minimum au niveau national, le débat n’est pas clos. 

C’est aux partenaires sociaux de trouver des solutions adéquates, voire aux cantons de se lancer dans ce combat pour tenter de résoudre cette question au niveau de leur territoire. La précarité n’est pas une fatalité!

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