Strobinofabrice

ANALYSTE CHEZ ANALYSES & DÉVELOPPEMENTS IMMOBILIERS

Diplômé de l'Institut d'études immobilières (IEI), Fabrice Strobino est architecte universitaire et chef de projets immobiliers chez Analyses & Développements Immobiliers depuis 2003. Il a en outre suivi le cursus de l'AZEK pour les gérants de fortune. Fort d'une expérience de plus de 4000 expertises pour de grandes banques, il est membre de l'Association des promoteurs et constructeurs genevois (APGC) et membre de la Chambre suisse des experts immobiliers (CEI).

Les désastres de l'architecture

En psychanalyse, le désastre est une absence d’astre ou de référence. Aujourd’hui, force est de constater que cela affecte tous les aspects de la société. Des jeux à profusion pour des foules avides de fortune rapide, l’ère du tout gratuit et, afin d’abréger la liste, celle du design à outrance.

En immobilier et plus particulièrement en architecture, c’est frappant!

L’ordinateur érige des constructions virtuelles, avec des vues tridimensionnelles répétitives. Résultat ? Une architecture de revue: ici, ou encore

Les détails de construction sont lacunaires, entraînant un vieillissement accéléré de la construction. Les charges d'entretien s'envolent. Mais qu’importe, tout cela aura un "chouette" look. L’autre corollaire est l’absence complète d’urbanisme, puisque le programme ne sait pas gérer cela et qu'on y retrouve systématiquement des personnages sans vie, au mouvement gelé.

Il existe quand même des exemples où un bâtiment est devenu un élément constructeur de la Ville, et pas juste un nouveau « truc » qui ne satisfait que l’égo de l’architecte.

Prenons pour exemple le musée Guggenheim de Bilbao. Avant le programme Bilbao 2000, la Ville peinait à se relever d’une crise profonde suite à la fermeture de son industrie lourde.

Le Musée s’est inséré dans la Ville, en dialoguant avec elle et en insufflant de l’énergie sur toutes les infrastructures qui se construisent après. Selon Wikipedia, Il a coûté 100 millions de dollars en 1997 et accueille un million de visiteurs par an. Il a contribué pour plus de 1,57 milliards à l’économie basque et a généré 4500 emplois de manière directe ou indirecte.

Aujourd’hui, nous nous plaignons dans nos verts pâturages helvétiques que l’économie bancaire se contracte et que de nombreux emplois vont disparaître. Sans se poser la question si cette industrie représente une part trop importante de notre PIB, on peut vraiment s'interroger sur le manque d'imagination de notre société pour rebondir.

Mais quand un remodelage de la rade est prévu, recours ! Quand un nouveau musée est prévu sur les rives lausannoises, recours ! Quand on essaye d’expérimenter à Beaulieu, recours ! Quand le musée d’Art et d’Histoire doit être modernisé, recours ! Quand on planifie un nouveau métro, recours ! Quand on planifie une Tour sur la rive droite de Genève, le résultat est en fait une galette consensuelle! Finalement, les diverses commissions bien-pensantes et paternalistes siégeant à l'Etat sont passées par là avant, ajoutant de l'eau au moulin de la "non-imagination"!

Peut-être que nous n’avons pas faim et envie de vivre comme les habitants de Bilbao l’avaient. Pourtant, la comparaison est facile puisque la ville basque possède moins d’habitants que Genève, même dans l’agglomération.

Il est temps d’avoir une vision territoriale et de trouver, peut être à l'image de la ville espagnole, une icône génératrice, de qualité d'espace, de vie et d’emplois !

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