Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Les dangers de la croissance molle

De nombreux enjeux géopolitiques et économiques aux contours potentiellement explosifs jalonneront 2017. Parmi les principaux risques qui perdureront au-delà de l’an prochain figure la croissance molle: la richesse produite augmente à un rythme trop poussif. Ce phénomène touche particulièrement les membres de l’Union européenne (UE).

Après les autorités monétaires, les acteurs politiques entrent enfin en scène pour tenter de relancer la machine. La Commission européenne en appelle à une politique budgétaire expansionniste, alors que Donald Trump promet un plan de modernisation des infrastructures de 1000 milliards de dollars. Seule la Suisse reste de marbre. Le Parlement refuse en effet de desserrer le frein à l’endettement pour accroître les investissements publics.

Malgré les remèdes de cheval prescrits par les banques centrales, la croissance reste insuffisante pour améliorer les revenus de la classe moyenne ainsi que pour réduire le chômage et les inégalités sociales. Cette situation alarmante, qui s’ajoute à la crise identitaire, fait le lit des mouvements populistes. 

De même que la politique monétaire accommodante, la relance keynésienne n’y changera pas grand-chose. Tout au plus donnera-t-elle un coup d’accélérateur bienvenu. Le mal est plus profond. Il prend racine dans les bouleversements de la démographie dont les tendances déterminent le potentiel de main- d’œuvre et, partant, l’évolution des activités économiques. 

Vieillissement démographique

Au sein de l’UE (sauf en France et en Irlande) ainsi qu’en Suisse, le taux de fécondité est si faible qu’il ne permet pas de renouveler la population. Ce qui entraîne de nombreux déséquilibres touchant à la consommation, à la capacité d’innovation, à l’épargne, à l’endettement public, au financement du régime des retraites, etc. Au printemps 2015, le Fonds monétaire international lançait un cri d’alarme: «Le vieillissement démographique a de graves conséquences pour la croissance économique. Lorsque la population en âge de travailler baisse, la main-d’œuvre diminue souvent aussi, de même que le potentiel de croissance.»

Dans ce contexte, la participation accrue des seniors et des femmes sur le marché du travail ainsi que l’immigration peuvent atténuer partiellement l’impact du déclin démographique. A l’avenir, le moteur de l’activité reposera surtout sur les gains de productivité qui seront obtenus par la révolution numérique et dont les effets rejailliront aussi sur l’emploi. Les dirigeants politiques et économiques seront-ils à la hauteur des bouleversements technologiques et démographiques? On n’en est pas certain.

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