Veillet Thomas

FONDATEUR INVESTIR.CH

Thomas Veillet, 45 ans et des poussières, plus de vingt ans dans des salles de trading, blogueur, trader, râleur et plein d’autres choses. Thomas a passé pas mal de temps dans les grandes banques de la place, a été un banquier conforme avant de passer au non-conformisme. La création du «Morningbull» aura été le début d’un changement de direction vers plus d’indépendance. Aujourd’hui, il essaie de vulgariser le monde de la finance et de le raconter avec un angle décalé, histoire de prouver que ça peut aussi être drôle. Il y a bientôt deux ans, il a co-fondé le site Investir.ch, qui s'est rapidement imposé comme un des sites financiers romands - un site qui parle de finance sans détour, sans artifice et qui a une forte tendance à penser "outside the box" quand tout le monde est inside...

Les CEO ont la mémoire courte

Ces dernières semaines ont été riches en événements dans le monde bancaire. Comme depuis six ans d'ailleurs. Mais pour une fois, les remontées nauséabondes sont allées bien plus haut que ce à quoi nous étions habitués. À ce propos, je suis d'ailleurs effaré de voir la capacité d'oubli qu'ont ces hommes qui dirigent tout en haut certaines banques.

Premier cas: Jamie Dimon, CEO de JP Morgan, considéré comme un des meilleurs de sa génération, encensé par la presse, adoré par les analystes. Jamie Dimon est juste le CEO qui a laissé “l'affaire de la baleine de Londres” éclater.

La “Baleine” était un trader français basé à Londres qui gérait des positions monstrueuses (comme son surnom l'indiquait). Tout allait bien jusqu'à ce que le marché ait à nouveau raison.. Tout le monde savait que ça ne durerait pas, tout le monde avait peur de ce type. Bilan de la facture: 6,2 milliards dans les dents.

Jamie Dimon ne savait rien, il n'était au courant de rien, et si par hasard il savait quelque chose, il a oublié. Par contre, il ne s'est pas gêné de traiter ses subordonnés d'incompétents infantiles.

Second cas: Marcel Rohner, ex-CEO de la vénérable UBS. Rohner était le patron en place à l'époque où les magouilles sur le Libor ont commencé. L'arrogance et la fierté mal placée de l'homme étaient de notoriété publique. Pourtant, il y a une dizaine de jours, devant les juges des autorités londoniennes qui lui demandaient des comptes, l'ex-roitelet semblait soudainement avoir perdu la mémoire. Il avait un team qui, soudainement, de nulle part, rapportait énormément d'argent. Jamais il ne s'est posé de questions, jamais il n'a eu de doutes. Mais c'est vrai, il avait d'autres choses à faire, comme compter les billets de son dernier bonus.

Tout ça pour vous dire que je me demande s'il ne serait pas temps de lancer une étude scientifique, pour voir si par hasard la maladie d'Alzheimer ne frapperait pas les grands de la finance par contagion.

Thomas Veillet aka Morningbull

www.morningbull.ch

 

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