<p>Executive chairman de Teads</p>

Executive chairman de Teads, Pierre Chappaz, 56 ans, préside depuis Genève, la plateforme de vidéo publicitaire mondiale. Créée en 2011, Teads (contraction de Technology et Advertising) est maintenant présent dans 18 pays et fournit sa technologie aux plus grands medias du monde dont Bilan.

Français, Pierre Chappaz est établi dans la région genevoise depuis 2000. Il a fondé le comparateur de prix sur Internet Kelkoo puis l’a revendu à Yahoo! en 2004. Après quelques mois à la présidence de Yahoo! Europe, il reprend l’initiative en fondant plusieurs startups (Wikio, Netvibes, Ebuzzing, Photobox...). Pierre est un blogueur très actif: visitez son blog personnel http://pierrechappaz.overblog.com/ et son blog politique libertarien.overblog.com.

Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel

Une douce euphorie s'est répandue cette année parmi les participants au Forum de Davos, sans doute heureux d'être encore en vie après les grandes frayeurs de l'an dernier, et en particulier la perspective d'une possible disparition de l'euro.

L'euro étant provisoirement sauvé par les tombereaux de monnaie déversés par la BCE dans le système bancaire et étatique, les festivaliers se sont laissé aller jusqu'à imaginer pour l'Europe une "résurrection flamboyante" (Klaus Schwab, fondateur de Davos, cité par Le Matin).

Cet optimisme est pourtant démenti par la récession dans laquelle plongent la plupart des pays européens, l'année 2013 s'annonçant d'ores et déjà comme une "année horribilis". L'économie s'obstine à ne pas redémarrer, malgré la création monétaire à outrance en Europe, au Japon, et aux Etats-Unis. Dans ce dernier pays, on vient d'apprendre que l'économie s'est contractée de 0,1% au quatrième trimestre 2012 (c'est ainsi le plus mauvais trimestre depuis 2009).

La raison? Les centaines de milliards de dollars injectés par les banques centrales ne diffusent pratiquement pas dans l'économie réelle. Les entreprises et les particuliers n'en voient pas la couleur, car l'argent reste dans le circuit fermé des banques et des Etats dont elles financent les dettes.

J'en ai fait l'expérience tout récemment avec ma propre entreprise: impossible d'obtenir le moindre prêt des banques européennes. C'est une banque israélienne qui y a consenti, nous aidant ainsi à financer le cash flow nécessaire à notre croissance. Nous sommes une entreprise déjà d'une certaine taille, bien visible dans l'écosystème Internet, et en forte croissance. Combien d'entreprises plus modestes, ou moins bien connectées, sont acculées à la cessation de paiements par cette paralysie des banques?

L'économie réelle manque de financements, et simultanément les bulles financières nourries par les banques centrales grossissent: bulles de la dette des Etats, et aussi bulle boursière, en tout cas aux Etats-Unis.

La dette des Etats ne fait que s'accroître, les gouvernements étant unanimement incapables de faire les coupes qui seraient nécessaires, mais que les opinions refusent.

La bulle boursière américaine fait peur: il est sidérant de voir l'indice Dow Jones tout proche de franchir ses plus hauts niveaux historiques - il est déjà plus haut qu'en 2001 lors de la bulle Internet, et atteint son niveau de 2008 avant l'explosion de la bulle des crédits immobiliers "subprime". Jusqu'ou cela peut-il encore monter ? Ne percevons-nous pas déjà certains signes de craquements ?

Le fameux proverbe boursier le dit: les arbres ne montent pas jusqu'au ciel.

Dieu sait où la fuite en avant organisée par les gouvernements et les banques centrales va nous mener.

 

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