Laurent Bakhtiari

MARKET ANALYST

Laurent Bakhtiari est diplômé d’un Master en Finance d’Audencia Nantes et d’un Master en mathématiques quantitatives d’Imperial College London. Fort d’une expérience de plus de 10 ans en salle des marchés au sein de diverses institutions financières telles que Merrill Lynch, BNP Paribas et Credit Suisse, Laurent livre régulièrement, à destination des médias et des clients, des analyses de marchés ainsi que des analyses macro et microéconomiques.

Les 5 valeurs à surveiller en 2015

Long USD

L’économie américaine est clairement sur la voie de la guérison et entraîne les autres économies dans son sillage. La Réserve Fédérale américaine devrait, selon toute vraisemblance, augmenter ses taux directeurs en 2015, étant donné que l’inflation, l’emploi et la croissance se portent bien. D’autre part, en Europe, la Banque Centrale européenne fait face à une problématique complètement différente avec une croissance nulle et une déflation. Ainsi, la BCE devrait, très probablement, lancer un programme de « quantitative easing » (mesures non-conventionnelles de politique monétaire) très tôt en 2015, ce qui devrait affaiblir la monnaie unique. Ainsi, techniquement, la monnaie unique pourrait se trouver aux alentours des 1.10 à la fin de l’année.

Short pétrole

Le pétrole a baissé de près de 45% depuis son plus haut historique de juin dernier. Cette tendance dure depuis six mois maintenant et, historiquement, les mouvements baissiers sur le pétrole s’étalent sur de longues périodes. De plus, les aspects économiques et géopolitiques de cette baisse subsistent toujours (faible demande, pas d’accord au sein de l’OPEP afin de baisser la production, sanctions contre la Russie…) et nous ne voyons pas de changement sur ces points en 2015. De ce fait, le prix du pétrole devrait continuer à baisser ou, au mieux, rester stable. Nous pouvons maintenant nous attendre à un pétrole aux alentours de 30 USD, soit à ses niveaux de 2003, ce qui semblait impensable il y a encore six mois.

Short Banques

L’année 2015 devrait encore être une année difficile pour les banques helvétiques. UBS et Credit Suisse ont chacune des actifs représentant plus de 150% du PIB suisse, ce qui accentue les risques systémiques et ceux liés aux entreprises dites « too big to fail ». Les pressions du Comité de Bâle, pour imposer davantage de réglementation et de transparence sur les actifs risqués, vont se matérialiser en 2015. Ceci devrait forcer ces banques à accroître leurs fonds propres et à ralentir les activités de banque d’investissement. Notre short préféré est Credit Suisse, dont la part des résultats provenant de la banque d’investissement est de plus de 50%. Notre objectif de cours sur la valeur se situe à 20 CHF.

Google

En 2014, Google a sous-performé le marché et ses pairs, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps. De ce fait, Google reste attractive car ses fondamentaux restent inchangés. En effet, la société continue de générer de hauts niveaux de cash-flows et n’a pas de dette. Ainsi, elle est immunisée contre la hausse des taux d’intérêts qui devrait probablement avoir lieu en 2015. Elle devrait continuer de profiter de la croissance de la couverture 4G, de la publicité sur mobile et du commerce en ligne (qui ne représente toujours que 6% environ des ventes de détail aux Etats-Unis). N’oublions pas que Google est présent dans pratiquement toutes les nouvelles technologies, que ce soit les voitures sans conducteurs, la nanotechnologie etc… En se basant sur des données comptables, de marché et techniques, nous pouvons penser que la société pourrait atteindre les 650 USD d’ici à la fin de l’année.

Volkswagen

L’économie allemande est, de loin, l’économie la plus forte et la plus résistante en Europe. Toutefois, il reste encore quelques actions sous-évaluées à fort potentiel. En effet, l’industrie automobile allemande a sous-performé, en 2014, celles de pays comparables, alors qu’habituellement elle les surperforme. De plus, les marges sont toujours élevées dans ce secteur, ce qui pourrait permettre aux entreprises d’améliorer leurs prix, afin de gagner des parts de marché. Globalement, nous pensons que ce secteur-clé de l’économie allemande devrait briller en 2015. Et, parmi toutes les compagnies, nous choisirions Volkswagen. En effet, cette société symbolise le plus ce qui a été décrit plus haut et possède un fort potentiel, même pour une entreprise aussi énorme. Enfin, la firme pourrait même envisager quelques acquisitions en 2015, ce qui pourrait générer de la valeur sur le long-terme. Nous pensons que la valeur pourrait même atteindre les 235 euros d’ici la fin de l’année.

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