Laurent Bakhtiari

MARKET ANALYST

Laurent Bakhtiari est diplômé d’un Master en Finance d’Audencia Nantes et d’un Master en mathématiques quantitatives d’Imperial College London. Fort d’une expérience de plus de 10 ans en salle des marchés au sein de diverses institutions financières telles que Merrill Lynch, BNP Paribas et Credit Suisse, Laurent livre régulièrement, à destination des médias et des clients, des analyses de marchés ainsi que des analyses macro et microéconomiques.

Les 5 événements financiers majeurs de 2014

La chute du prix du pétrole

Bien évidemment, l’événement que le marché retiendra de cette année est la baisse du prix du baril de pétrole. En effet, le pétrole a baissé de près de 45% depuis le plus haut de juin dernier, lorsqu’il cotait à plus de 101 USD. La chute a été graduelle et a atteint des niveaux que l’on n’avait plus vus depuis 2009.

Elle a également eu des conséquences importantes sur les économies mondiales, telles qu’une pression à la baisse de l’inflation dans la plupart des pays développés (la Banque Nationale suisse prévoit maintenant une déflation pour l’année 2015), un déséquilibre budgétaire pour les pays producteurs de pétrole, une forte dépréciation du rouble russe…

En effet, il compliqué de parler de la chute du pétrole sans évoquer la Russie, tant cette économie est dépendante du pétrole. Il suffit de regarder la chute du rouble qui correspond aux soubresauts du pétrole. De plus, les sanctions infligées par l’UE, depuis l’annexion de la Crimée par la Russie, en mars dernier, semblent également heurter le pays.  Il se murmure même que la chute du baril serait un moyen subtil qu’ont eu les Etats-Unis d’infliger des sanctions à la Russie.

Apple franchit les 700 milliards de dollars de capitalisation boursière

Le 25 novembre dernier, Apple franchit, pour la première fois de l’histoire, la barre des 700 milliards de dollars de capitalisation boursière. Aucune entreprise n’a fait mieux. La plus proche était Microsoft et ses 620 milliards de dollars en … décembre 1999. Bien évidemment, c’est sans prendre l’inflation en considération. Si l’on avait intégré l’inflation dans le calcul, IBM et ses 1 200 milliards de dollars conserveraient leur record datant de 1967.

Il n’en reste pas moins que le symbole est fort et fait un peu plus d’Apple l’entreprise la plus en vue de ces dernières années. Elle s’est même permise, en juin dernier, de rendre ses actions plus accessibles au grand public en effectuant un stock split de 7 pour 1, c’est-à-dire, de diviser le prix de ses actions par 7. La logique est claire : permettre à davantage d’investisseurs d’investir dans la société. Et, clairement, c’est ce qu’il s’est produit.

Janet Yellen devient présidente de la FED

Le 3 février dernier, Janet Yellen est entrée en poste comme Présidente de la Banque Centrale des Etats-Unis, ou autrement dit, Présidente de la FED. C’est la première femme de l’histoire à occuper ce poste. Elle a, pour mémoire, succédé à Ben Bernanke, lequel a eu la lourde tâche de gérer la crise de 2008. Ainsi, elle a hérité du programme de « tapering », soit de diminution progressive du programme de quantitative easing, de la FED. Depuis, elle a mis fin à ce programme de QE et les économistes prévoient même une hausse des taux de sa part en 2015. Elle profite donc pleinement du redémarrage de l’économie américaine. Sa mission est donc claire : éviter de détruire cette embellie dans l’œuf.

La BNS introduit des taux négatifs

Ce mois de décembre fut plutôt chargé pour la Banque Nationale suisse. En effet, le 17 décembre dernier, en prévision du départ à la retraite de Jean-Pierre Danthine en 2015, la Banque a nommé Fritz Zurbrügg à sa place, soit au rang de Vice-Président. Elle a également nommé, pour la première fois de son histoire, une femme au sein de sa direction générale, afin de combler la place laissée vacante par Mr Zurbrügg. Il s’agit d’Andréa Maechler, qui occupe actuellement le poste de chef adjoint de la division Global Markets Analysis au sein du FMI.

Mais la vraie surprise est survenue le lendemain : la BNS a décidé de viser un taux Libor 3-mois situé entre -0.75% à 0.25%. La décision en elle-même n’était pas surprenante, c’est le timing de la décision qui a pris les marchés de court. Et la mesure a été très bien menée de la part de la BNS. En effet, la Banque Centrale européenne va probablement mettre en place un QE en janvier 2015, ce qui va affaiblir l’euro. Afin de défendre le taux plancher EUR/CHF de 1.20, la BNS se devait d’agir avant que la BCE n’annonce cette mesure. Et c’est ce qu’elle a fait. Dans une moindre mesure, la pression déflationniste (pour rappel la BNS prévoit un taux d’inflation de -0.1% en 2015) et les récents « flight to quality » (fuite vers des valeurs sûres, telles que le CHF) ont joué un rôle dans cette décision. Il va maintenant être intéressant d’observer, en 2015, la bataille de mesures entre la BNS et la BCE.

Les plus hauts sur les indices

Afin de conclure sur une note positive, cette année, nous avons vus les indices battre leurs records absolus. En effet, le S&P a clôturé le 19 décembre à 2 080.60, battant le précédent record établi quelques semaines plus tôt. Le Dow Jones a également battu son record le 5 décembre dernier, en séance, à 17 991.19. Enfin, l’USD/RUB a connu son plus haut historique il y a quelques jours. Pour ceux qui pensent, à chaque fois, qu’ils ont laissé passer le train, ceci va peut-être leur faire changer d’avis. 

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