Laurent Bakhtiari

MARKET ANALYST

Laurent Bakhtiari est diplômé d’un Master en Finance d’Audencia Nantes et d’un Master en mathématiques quantitatives d’Imperial College London. Fort d’une expérience de plus de 10 ans en salle des marchés au sein de diverses institutions financières telles que Merrill Lynch, BNP Paribas et Credit Suisse, Laurent livre régulièrement, à destination des médias et des clients, des analyses de marchés ainsi que des analyses macro et microéconomiques.

Le yuan et le franc suisse: une paire à surveiller

Le 9 novembre dernier, la Chine a annoncé le début du trading direct du yuan avec le franc suisse. Auparavant, il fallait changer le franc suisse en dollars, puis les dollars en yuan. Le franc devient donc la septième monnaie à être échangeable avec le yuan après les dollars US, australien, néo-zélandais, la livre sterling, le yen et l’euro. La bande de fluctuation sera de 5% de chaque côté. Tout ceci est clairement organisé dans l’optique de faire de la monnaie chinoise une monnaie utilisée mondialement, et une monnaie utilisée dans les réserves mondiales de premier ordre.

Le cours du yuan a fluctué de manière forte depuis plusieurs années. Les bandes de fluctuations se sont progressivement élargies jusqu’à atteindre 5% aujourd’hui. Le but annoncé, il y a déjà bien longtemps, par la Chine était de rendre à terme le yuan totalement convertible et flottant.

Pour le moment, le taux est fixé par la banque centrale chinoise. Mais de nombreux heurts sont venus se mettre en travers du chemin défini par l’Empire du Milieu. En effet, les mauvais chiffres se sont succédés depuis l’été dernier : une croissance économique au plus bas depuis 6 ans (à 6.9%), une croissance des investissements en ralentissement (à 10.3%), une production industrielle qui baisse (à 5.7%)… Tant est que même le premier ministre chinois, Xi Jinping, a exprimé ses « inquiétudes au sujet de l’économie chinoise ».

L’OCDE, qui a récemment révisé à la baisse ses prévisions de croissance mondiale, a même déclaré dans son rapport de novembre que « la Chine semble être au cœur » de ce problème. Même si l'organisation a relevé ses prévisions pour la Chine, une tendance baissière de long-terme semble se dessiner, que ce soit dans les faits ou dans les prévisions des économistes. Et la Chine prend de plus en plus de poids dans l’économie mondiale, ce qui provoque à chaque fois des turbulences. Souvenons-nous de l’été dernier, où les Bourses mondiales ont dévissé sévèrement suite à la dévaluation de la monnaie chinoise.

Doit-on voir là le signe d’une maturité de l’économie ou simplement un soubresaut ? Il est encore difficile de répondre à cette question. Graphiquement, le trend baissier sur le USDCNY s’est arrêté en 2013 et depuis, il est légèrement haussier, indiquant une appréciation de la monnaie chinoise. Nous sommes désormais revenus aux niveaux d’il y a trois ans. Mais, on peut penser qu’avec de nouveaux mauvais chiffres économiques, des dévaluations supplémentaires sont à prévoir dans un avenir proche. 

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."