<p>Rédacteur en chef du Temps, (ex-rédacteur en chef de Bilan)</p>

Depuis le 1er janvier 2015, Stéphane Benoit-Godet dirige la rédaction du quotidien Le Temps. Il était le rédacteur en chef de Bilan de 2006 à 2015. Auparavant, il a travaillé pour les quotidiens La Tribune de Genève et Le Temps 1998-2003), journal dont il a dirigé la rubrique économique (fin 2000 à mi-2003). Juriste de formation, Stéphane a fait ses études en France à l'Université d'Aix-Marseille III. 

 

 

Le Temps est à vendre: une bonne nouvelle ?

Les actionnaires du quotidien Le Temps à Genève ont annoncé qu’ils mettaient en vente leur participation respective. Tamedia (l’éditeur de Bilan) et Ringier veulent se défaire de leur part et cherchent un acheteur qui assurera la continuité du titre. Ou envisager un autre scénario. Dans leur communiqué, les deux entreprises annoncent en effet que l’un pourrait racheter la part de l’autre si aucun investisseur n’était disposé à reprendre l’affaire.

Cela pourrait constituer une bonne nouvelle. Le Temps créé en 1998 par la fusion du Nouveau Quotidien et du Journal de Genève a mal à sa gouvernance. Diriger à deux une entreprise de presse (ou d’un autre secteur) pendant une météo accommodante s’avère complexe, alors – et sans mauvais jeu de mot - quand le temps se gâte…

La mésentente entre les deux actionnaires qui possèdent Le Temps s’exprime moins en termes de conflits réels qu’en une sorte de neutralisation respective. Après avoir installé un paywall, le titre a du mal à réinventer son contenu internet et se trouve très en dessous de ce que ses grands modèles proposent. Par exemple, le Monde a complètement intégré la stratégie web et réseaux sociaux à ses contenus. Cela n’est peut-être pas encore une source de revenus aussi conséquents que ceux du print mais ces derniers s’étiolent partout sur la planète et il faut préparer l’avenir.

Le Financial Times lui a restructuré ses équipes en début d’année suite à un voyage de son rédacteur en chef dans la Silicon Valley pour axer davantage sa stratégie sur le web, estimant que l’activité papier ne ferait que baisser. Les équipes du Temps ont aussi de tels projets en soute. Reste qu’il faut que le propriétaire soit enthousiasmé par de telles idées et soutienne cette belle aventure.

Ce nouveau propriétaire pourrait être le groupe NZZ – qui travaille avec le Temps pour l’acquisition publicitaire depuis de nombreuses années -  un groupe d’investisseurs (on se souvient que les banquiers privés du Bout du Lac étaient actionnaires du Journal de Genève) ou un des deux actionnaires actuellement présents. La solution à venir sera de toute façon meilleure que le statu quo actuel. La Commission de la concurrence qui avait posé des règles très strictes à la création du journal devra se montrer conciliante et ne pas bloquer de projets de reprise pour de fausses bonnes raisons. Dans ces cas-là, l’enfer pourrait vraiment être pavé de bonnes intentions et il serait malvenu de fermer des portes au quotidien romand.

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