Emilyturrettini

CHRONIQUE INTERNET

De nationalité américaine et suisse, Emily Turrettini publie une revue de presse sur l'actualité Internet depuis 1996 et se passionne pour les nouvelles tendances.

Le succès prodigieux de Candy Crush Saga

Candy Crush Saga, un jeu gratuit disponible sur smartphones, tablettes et sur Facebook, est devenu le jeu le plus joué au monde avec plus de 130 millions adeptes.

Le principe du jeu est simple. A l’instar d’un Tetris ou d’un Columns, il faut aligner des bonbons de la même couleur afin de faire un maximum de points. Les premiers niveaux sont réalisés rapidement, puis les suivants augmentent de façon progressive, ainsi que les difficultés. Candy Crush Saga permet aussi de partager ses scores sur Facebook et de les comparer à ceux de ses amis.

Avec plus de 500 niveaux, Candy Crush Saga (communément appelé Candy Crush) propose des heures et des heures de jeu. "Le jeu est mis à jour régulièrement, ce qui le rend quasiment impossible à terminer. Son niveau de difficulté est par ailleurs suffisamment complexe pour intéresser le joueur, mais aussi suffisamment accessible pour ne pas le décourager", résume Le Figaro.

Le 15 novembre dernier, à l'occasion de son premier anniversaire, Tommy Palm, Games Guru chez King, la société londonienne développeur et distributeur du jeu, a partagé quelques chiffres dans une interview accordée au journal Metro News:

  • Candy Crush a été téléchargé 500 millions de fois. A titre de comparaison, il aura fallu au très populaire Angry Birds deux ans pour atteindre ce chiffre.
  • 700 millions de parties de Candy Crush ont lieu chaque jour dans le monde.
  • C'est le premier jeu à être No 1 sur IOS, Android et Facebook en même temps.
  • Toutes les tranches d'âge sont représentées, mais 91 % des joueurs ont plus de 21 ans.
  • Les femmes âgées entre 25 et 55 and sont les joueurs les plus fidèles.
  • Sur Facebook, un usager sur 23 joue à Candy Crush.
  • Au 15 novembre, il y avait 544 niveaux de jeux.
  • Candy Crush a généré 14.5 millions de Tweets.

Le site spécialisé Think Gaming estime ses revenus quotidiens à près de $875.000, principalement grâce aux achats intégrés au sein même de l'application (in-app purchases).

Afin de progresser dans la partie et éviter l'attente imposée de plusieurs dizaines de minutes lorsqu'un niveau n'est pas complété, le joueur peut payer 1 Franc par un simple clic, ce qui débite son compte iTunes ou Google Play, sans quitter le jeu. 

Candy Crush, véritable phénomène de société, est souvent accusé d’être addictif. Sur le Web, les témoignages abondent: des ados qui sortent leur portable pendant les cours, des employés qui jouent au bureau et des mères qui oublient d'aller chercher leurs enfants à l'école. Et des récits embarrassés sont rapportés par des joueurs qui ont dépensé de centaines d'euros en quelques jours, pour avoir à nouveau le droit de jouer et avancer plus vite.

Selon Palm qui s'en défend dans Metro News, «60 % des joueurs qui sont arrivés aux derniers niveaux du jeu n'ont jamais déboursé un centime. Nous veillons à ce que les adeptes de Candy Crush Saga ne soient pas obligés de payer pour jouer.» 

Pourquoi les jeux mobiles comme Candy Crush sont-ils si addictifs? Selon le directeur de l’unité de recherche sur le jeu de l’université de Nottingham TrentMark Griffiths, dont les propos on été rapporté par PocketGamer:

«La première raison provient du fait que ces jeux offrent une expérience ludique sur une courte durée. Les jeux, qui peuvent être joués durant un trajet ou entre deux tâches peuvent être une façon de soulager un stress.»

Le second facteur, selon Griffiths, «se fonde sur l’idée du conditionnement opérantComme une machine à sous, le jeu récompense des actions et en punit d’autres, c’est comme ça que nous apprenons», indique cet expert.

La suite logique pour King? Capitaliser sur ce succès en lançant de nouveaux produits dérivés qui viendront s'ajouter aux bonbons et chaussettes. Mais surtout une mise en bourse.

L'idée serait déjà avancée selon le Telegraph. La société King, qui a développé d'autres jeux à succès - dont trois d'entre eux sont dans le top 5 actuel de Facebook -, génère des profits depuis 2005 et aurait déjà fait les premières démarches en septembre pour un 'secret IPO' estimé à $5 milliards. 

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."