Marmierpascal

DIRECTEUR DE SWISSNEX CHINA

Après avoir passé plus de 10 ans à Boston, Pascal Marmier a récemment rejoint un autre réseau swissnex, celui de Chine basé à Shanghai. Passionné de science et d'innovation, il travaille avec son équipe à promouvoir l’excellence de la Suisse dans ces domaines, renforcer les liens académiques en Chine et créer une communauté d’innovateurs et d’entrepreneurs. Gradué de l’Université de Lausanne, Pascal a aussi suivi une formation postgrade à Boston University et obtenu un MBA de MIT. En plus de chercher les meilleurs talents en science et technologie, il essaie aussi de trouver les meilleurs endroits pour courir dans une ville à forte densité de population.

Le succès du système scolaire chinois

La ville de Shanghai a eu droit à une large couverture médiatique ces derniers temps. Le niveau de pollution record a donné lieu à des photos impressionnantes. Mais l’histoire la plus étonnante, c’est celle des excellents résultats obtenus par les élèves de la région au classement PISA. En maths, Shanghai se retrouve au plus haut niveau devant d’autres régions d’Asie. J’ai eu l’occasion d’offrir un éclairage sur les résultats pour la RTS, mais voici encore quelques réflexions sur le système scolaire et les raisons derrière ce succès.

Les parents jouent un rôle clé dans le système éducatif. Ils sont prêts à de grands sacrifices pour le succès de leur enfant (unique). Faire une partie de ses études à l’étranger reste indispensable aux yeux des parents pour la réussite de leur enfant. Il y a aussi un fort accent mis sur l’académique plutôt que le pratique. Il faut donc que l’étudiant puisse entrer dans les meilleures universités et, pour cela, il faut un bon score à un test unique (Gaokao). Les parents vont donc rajouter des cours, offrir des tuteurs ou envoyer leurs enfants dans des écoles privées pour s’assurer qu'ils puissent obtenir un bon score.

Le gouvernement soutient aussi fortement les branches telles que les maths, vu que le but actuel est d’orienter le modèle économique vers l’innovation technologique. Il y a plusieurs programmes visant à rapatrier les meilleurs Chinois de l’étranger pour les placer dans des postes scientifiques.

Shanghai est certainement un cas à part en Chine. Ici, le gouvernement expérimente de nouveaux projets économiques, à l’image de la zone de libre-échange démarrée il y a quelques mois. Dans le domaine éducatif, Shanghai compte plusieurs écoles qui servent de test pour de nouvelles façons de gérer l’enseignement. Thomas Friedmann du New York Times parle notamment des méthodes en place pour augmenter les compétences des professeurs: “peer review”, possibilités de coaching, paie au mérite. Le succès tient moins à la nouveauté des méthodes qu’au fait que le gouvernement puisse les mettre en place à une large échelle et de façon directe.

Certaines voix s’élèvent pour critiquer la rigidité du système et la tyrannie de la mémorisation, mais les Chinois en sont bien conscients. Les parents commencent à demander - et offrir à leurs enfants - plus d’activités créatives extracurriculaires. Les filières aussi sont en phase de réexamen.

Il y a un grand intérêt en Chine pour des modèles d’éducation tels que la formation duale. Si le pays arrive à garder son niveau de maths en développant des étudiants aussi à l’aise dans des domaines pratiques ou nécessitant des compétences sociales, cela devrait permettre à la Chine d’obtenir - dans un futur pas si éloigné - des prix Nobel... et son propre Steve Jobs!

 

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