Schadler Thomas

DIRECTEUR GÉNÉRAL DU COLLÈGE DU LÉMAN

Thomas a consacré sa vie professionnelle à poursuivre sa passion pour l'éducation internationale. Avant de diriger le Collège du Léman, il a été à la tête d'écoles internationales à Rome, Berlin, Singapour, Zurich, Stuttgart et les Bahamas. Il a également travaillé pour la Banque mondiale en Indonésie. Il aime défier ses élèves, les enseignants et le personnel pour qu'ils dépassent leurs rêves. Thomas est titulaire d'un M.A. en éducation de l'Université de Zurich, d'un MBA de l'Université de Hull (Royaume-Uni) et du Asia-Pacific-Management-Center (Singapour), ainsi que d'une maîtrise en leadership éducatif de l'Université de Lehigh (États-Unis).

Le rôle de nos écoles face au sentiment hostile envers la globalisation

Un peu partout dans le monde se manifestent une résistance croissante à la propagation de la globalisation et un retour au séparatisme et au protectionnisme. En politique, cette tendance s’est confirmée par le Brexit, la montée du nationalisme dans bon de nombre de pays européens et l’élan qui a propulsé Donald Trump au rang de nouveau président populiste des États-Unis.

La conception du nationalisme parmi de nombreuses personnes est en passe de devenir une fois encore un facteur important, dans ce monde globalisé, associé à la croyance que le populisme propose des réponses simples en apparence à des questions complexes. Les « autorités » et les « élites » en place doivent ainsi composer avec un rejet croissant, ainsi qu’avec la rhétorique d’un débat politique devenu virulent et retors.

Même s’il paraît indiscutable que la globalisation continue doit faire face à des résistances un peu partout dans le monde, il est peu probable qu’elle ralentisse ou s’inverse. En favorisant l’autonomie, l’indépendance, la curiosité et les égards pour autrui, les écoles assument un rôle important pour tempérer les multiples craintes qui induisent des sentiments nuisibles vis-à-vis de la globalisation, de même que pour quitter la voie de l’hostilité et de l’intolérance. Les écoles doivent préparer leurs étudiants à être forts, matures, et à développer une réflexion politique critique qui les prémunisse contre la manipulation.

Leur mission est de produire des citoyens responsables dans un monde globalisé, qui soient prêts à lutter contre les aspects sombres de la globalisation, tels l’injustice, le racisme et la pauvreté.

Enseigner la résilience

Il devient manifeste que les aptitudes nécessaires pour améliorer notre monde appellent un changement d’orientation dans notre manière d’aborder l’enseignement. Comme la peur de l’inconnu favorise l’ignorance et les préjugés, notre mission consiste à donner aux étudiants de réelles possibilités de collaborer avec les diverses populations, en particulier celles qui sont le plus susceptibles d’être ciblées pour leurs différences. Nous devons instiller des valeurs telles que la communication, la collaboration, une conscience culturelle constructive et l’esprit d’ouverture, autant de qualités essentielles pour jeter des ponts dans un monde fragmenté en rapide évolution.

Enseigner la résilience, la communication et la réflexion critique doit figurer parmi nos objectifs clés pour que nos étudiants puissent relever les défis posés par la globalisation. Une telle approche les amènera à s’adresser à leurs pairs en ligne tout autour du globe pour débattre des problèmes du monde réel, et à apporter en personne leur aide au travers du service communautaire, leur implication reflétant le monde du travail où ils finiront par entrer un jour, la collaboration transfrontalière représentant alors une facette de leur vie quotidienne.

Ceci étant dit, les écoles ne doivent pas pour autant négliger leur enseignement académique classique, qui revêt une importance tout aussi grande pour relever les défis posés par la globalisation. L’enseignement classique amène les étudiants à évaluer et appréhender les informations et les sources auxquelles elles sont associées. Or, avec le soutien des médias sociaux et de leurs structures et algorithmes sous-jacents, les jeunes d’aujourd’hui sont de plus en plus saturés d’informations superficielles, biaisées, tronquées ou forgées de toutes pièces qui ne font souvent que refléter leurs propres idées préconçues.

Ils ont ainsi tendance à se complaire dans leur propre bulle d’informations. Les bénéfices apportés par la connaissance et la compréhension de l’histoire, autre discipline de l’enseignement classique, permettent aux étudiants d’interpréter et de classifier les événements politiques, encouragés par la poursuite de leur formation mathématique et scientifique à adopter une vision analytique et à tirer des conclusions logiques et objectives.

En se fondant sur le principe, légué par Nelson Mandela, selon lequel l’enseignement est l’arme la plus puissante pour changer le monde, les écoles doivent être fières d’être en première ligne dans la lutte contre les tendances autoritaristes, les mouvements antidémocratiques et les aspects cruels de la globalisation. En acceptant de relever ce défi, nous rendrons un grand service au monde.

Thomas Schädler

 

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