Mary Vacharidis

JOURNALISTE

Journaliste chez Bilan et community manager pour le site bilan.ch, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

Le retour en grâce du piston

En 2016, le piston connaît un retour en grâce. Bien sûr, il a changé de nom. Aujourd’hui, le fait d’accéder à un poste par l’entremise d’une connaissance, voire d’un membre de la famille, se nomme «le réseau». Dans les années 1980, être qualifié de «pistonné» relevait de l’injure. Mais de nos jours, obtenir un poste par cooptation grâce à son réseau se revendique comme un gage d’excellence. Un collaborateur ou un cadre apprécié présentera à l’entreprise un candidat qu’il sait compétent. Il y va de son honneur professionnel. Réciproquement, le nouveau venu fera tout son possible pour se montrer digne de la confiance de son mentor et de son nouvel employeur. Que demander de mieux?

Comment la perception du piston a-t-elle à ce point changé en trente ans? Cette évolution est sans doute liée au déclin de la hiérarchie pyramidale dans les firmes. Dans cette structure «vieille école», une caste de dirigeants impose ses décisions à des exécutants. Parachuté par la direction, le «pistonné» aura forcément mauvaise presse. Or, l’ère digitale a depuis favorisé un «management collaboratif». Dirigeants et employés ne constituent plus des camps distincts et opposés. Dans un environnement rendu incertain par le progrès technologique, l’ensemble des collaborateurs se sent appelé à coopérer afin de dégager des bénéfices et d’assurer la pérennité de la compagnie. 

A l’heure où une innovation vient supplanter la précédente à peine celle-ci arrivée sur le marché, souplesse et flexibilité se révèlent des valeurs essentielles. Les équipes se font et se défont en fonction des projets. Les leaders s’imposent par leur charisme et non seulement par leur place dans l’organigramme. Il faut aller vite. Le réseau se révèle un bon moyen de repourvoir une place dans les meilleurs délais. Avec en outre souvent de meilleurs résultats que lors de longues mises au concours. La pression concurrentielle est telle qu’il est bien trop dangereux de sacrifier l’efficacité de l’entreprise sur l’autel des affinités personnelles. Voici le piston, version 2016.

Une mine de conseils

Notre dossier «Comment se faire embaucher» (lire pages 44 à 51) a pour ambition de coller à ces réalités. Oubliez les lettres manuscrites dont l’auteur a tergiversé
des heures entre un stylo à encre bleue et un autre à encre noire. Soignez en revanche votre profil LinkedIn. Ce réseau social de la vie professionnelle s’impose comme la principale base de données des recruteurs et le canal le plus dynamique sur le marché de l’emploi. 

Et surtout, pensez réseaux. Rencontrez des gens, entretenez vos contacts, mettez en relation vos connaissances en fonction d’objectifs communs. Cooptez et vous serez coopté. 

mary vakaridis

Journaliste

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