Emilyturrettini

CHRONIQUE INTERNET

De nationalité américaine et suisse, Emily Turrettini publie une revue de presse sur l'actualité Internet depuis 1996 et se passionne pour les nouvelles tendances.

Le rachat de WhatsApp par Facebook contesté

Les défenseurs des libertés civiles et de la vie privée, The Electronic Privacy Information Center (EPIC) et The Center for Digital Democracy (CDD), ont déposé une plainte jeudi dernier auprès de la FTC (la commission fédérale américaine du commerce) pour s'opposer à l'achat par Facebook de l'application de messagerie instantanée WhatsApp.

Les deux organismes demandent au FTC d'enquêter sur les intentions de Facebook concernant l'exploitation des contacts privés des 450 millions d'utilisateurs WhatsApp, qui en devenant membre avant cette acquisition, ont été assurés que leurs informations personnelles ne seraient pas collectées à des fins commerciales.

Facebook nie vouloir exploiter les données des usagers WhatsApp et affirme que la messagerie instantanée sera traitée comme une entité complètement séparée du réseau social.

Facebook a très mauvaise réputation pour être souvent revenu sur ses promesses concernant le respect de la vie privée. Notamment suite au rachat d'Instagram en 2012. Dès l'acquisition conclue, Facebook a intégré directement à ses bases de données les informations des utilisateurs Instagram pour réaliser notamment des campagnes de pub.

Plus récemment, en 2013, malgré le fait que Facebook venait d'être condamné par la justice américaine pour usage abusif de photos et de données, avec en conséquence une amende de $20 millions, on pouvait lire, dans les mois qui ont suivi, dans de nouvelles conditions d'utilisations publiées sur son site: «Vous nous donnez la permission d'utiliser votre nom et la photo de votre profil en rapport avec du contenu commercial ou sponsorisé.» Un acte délibéré. Les annonces sponsorisées ont rapporté à Facebook $234 millions de dollars entre 2011 et 2012.  

L'achat pourrait bien être compromis par la plainte déposée auprès de la FTC ou, du moins, ne pas se dérouler dans des conditions optimales pour Facebook. L'EPIC a déjà eu gain de cause dans des cas similaires, exigeant de la FTC de limiter les données privées récoltées par des acteurs du Web.

Cela a été le cas pour Google en 2011 pour son réseau social Google Buzz. Intégré à Gmail, Google Buzz s'activait automatiquement en utilisant les contacts des courriels et de la messagerie instantanée. Et pour Microsoft en 2001 pour son logiciel Passport, permettant de sauvegarder de manière centralisée, les informations personnelles d'un internaute (afin de faciliter la navigation sur le web et l'achat électronique). Dans les deux cas, les géants du Web ont été obligés d'accepter des accords très stricts et de se soumettre à des audits réguliers - sur une durée de 20 ans (pour Google).

Si l'acquisition se finalise avec des contrôles et de contraintes imposés par la FTC, le prix d'achat extravagant de $19 milliards paraîtra encore un peu plus absurde.

 

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