<p>Rédacteur en chef du Temps, (ex-rédacteur en chef de Bilan)</p>

Depuis le 1er janvier 2015, Stéphane Benoit-Godet dirige la rédaction du quotidien Le Temps. Il était le rédacteur en chef de Bilan de 2006 à 2015. Auparavant, il a travaillé pour les quotidiens La Tribune de Genève et Le Temps 1998-2003), journal dont il a dirigé la rubrique économique (fin 2000 à mi-2003). Juriste de formation, Stéphane a fait ses études en France à l'Université d'Aix-Marseille III. 

 

 

Le projet phare pour Genève

Quand nous avons déménagé la rédaction de Bilan à Genève en 2009 après vingt ans de présence à Lausanne, nous avons retrouvé, pour ceux qui avaient travaillé ici auparavant, une ville amoindrie. Alors que Lausanne a littéralement émergé ces dernières années avec de nouveaux quartiers, des infrastructures audacieuses, une vie économique et sociale très active ainsi qu’un tissu académique incroyablement dense. L’EPFL, bien sûr, mais aussi l’IMD, l’ECAL, l’EHL et l’université.

A Genève, comment dire… Tout est compliqué. Prenez le Campus Biotech, le fabuleux programme emmené par l’EPFL, l’université de Genève, Hansjorg Wyss et Ernesto Bertarelli sur l’ancien site de Serono à Sécheron. Mettre Genève au niveau de Harvard dans la recherche alors que le canton souffre des difficultés de la place financière et des atermoiements des multinationales, voilà une aubaine inespérée quelques mois après que Merck a lâché Genève.

Malheureusement, le Conseil d’Etat n’a pas l’air d’en avoir conscience. Sans consensus sur ce sujet, on risque de laisser partir le bâtiment de Sécheron à des investisseurs qui pourraient, certes, signer un plus gros chèque.

Mais dans l’attente d’un déclassement du site afin de réaliser une confortable plus-value immobilière à terme. Ce serait le bénéfice de quelques-uns alors que toute la région a tellement à bénéficier de l’émergence d’un pôle de rang mondial dans la recherche. Alors que Campus Biotech permet de faire le joint entre l’UNIGE et l’EPFL, réaliser aussi un partenariat public-privé innovant avec l’institut Wyss et la famille Bertarelli décidés à investir 125 millions dans le projet, cela devrait mettre en ordre de marche n’importe quel collège exécutif.

Pas à Genève. Et les investisseurs qui se profilent pour séduire Merck ont bien senti qu’il n’y avait pas d’«union nationale» à ce sujet. Ils risquent donc bien d’emporter l’objet et le projet pourrait disparaître dans la foulée car celui-ci n’est pas transposable ailleurs. Pourtant le Conseil d’Etat a les moyens légaux d’orienter la décision du vendeur. Les restrictions du site sont telles qu’il ne peut être utilisé qu’à des fi ns industrielles. Rien d’autre n’est autorisé. La partie destinée à la production et les bâtiments administratifs ne peuvent être utilisés par des sociétés différentes. Si le Conseil d’Etat devait échouer, il devra expliquer si c’est le fait qu’il n’aimait pas l’idée que l’EPFL vienne établir une tête de pont à Genève ou si c’est la vision de deux milliardaires philanthropes qui n’est pas compatible avec la médiocrité ambiante.

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