Emilyturrettini

CHRONIQUE INTERNET

De nationalité américaine et suisse, Emily Turrettini publie une revue de presse sur l'actualité Internet depuis 1996 et se passionne pour les nouvelles tendances.

Le portrait de Eric Schmidt, symbole d'une révolte sur Google+

  • Exemple d'annonce sponsorisée qui apparait sur ma page Facebook
  • Exemple d'annonce sponsorisée Google

Dans ses nouvelles conditions d'utilisation, qui rentrent en vigueur le 11 novembre prochain, Google se réserve le droit d'utiliser les photos de profil des utilisateurs de son réseau social Google+ à des fins publicitaires.   

C'est à dire là où un utilisateur a cliqué un jour sur «+1»  ou a commenté un contenu lié à une marque, un produit, un lieu, Google pourra en toute impunité, insérer cette recommandation avec la photo de l'usager dans des «annonces sponsorisées.» Des annonces qui apparaitront sur les pages de ses résultats de recherche.

Le principe étant que «des recommandations faites par un ami ont 50% de chance de plus d'être retenues que celles faites par un inconnu.»

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Les membres de Google+ en guise de protestation, ont substitué leur photo pour celle d'Eric Schmidt, Président Exécutif du Conseil d'Aministration de Google.

Précisons qu'usurper une identité dans un produit Google est interdit, c'est une violation de leur règlement relatif au contenu et au comportement de l'utilisateur.

Il est probable que Google ne leur en tiendra pas rigueur, mais en réalité cet acte de rébellion n'était même pas nécessaire, Google donne le moyen à chacun de se soustraire de leur programme d'annonces sponsorisées très facilement.

En se connectant sur cette page, en anglais seulement pour le moment, il suffit de décocher la case à côté du texte: «Based upon my activity, Google may show my name and profile photo in shared endorsements that appear in ads», puis cliquer sur «save.»

Ce qui étonne est la démarche de Google, seulement 6 semaines après le tollé suscité par Facebook pour un texte similaire inséré dans leurs nouvelles conditions d'utilisation.

Des modifications faites alors que Facebook venait d'être condamné par la justice américaine pour usage abusif de photos et de données dans le cadres d'un recours collectif et infligé d'une amande de $20 millions ($15 pour chacun des 600,000 usagers plaignants). Pour cette même pratique publicitaire.

Google doit estimer — tout comme Facebook qui a l'intention de continuer — qu'encourir le risque d'une amande de $20 millions n'est finalement pas cher payé comparé aux $234 millions de dollars qu'ont rapporté les annonces sponsorisées à Facebook entre 2011 et 2012. 

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