Charles Etienne Viladoms

RESPONSABLE INTERNET DU DÉPARTEMENT FÉDÉRAL DE L'ÉCONOMIE, DE LA FORMATION ET DE LA RECHERCHE. S'EXPRIME ICI À TITRE PRIVÉ

Curieux de tout et en particulier des technologies liées de près ou de loin à l'internet, Charles-E. Viladoms suit le développement du réseau des réseaux dès le début des années 90. Peu après l'obtention de son diplôme de journaliste auprès du Centre Romand de Formation des Journalistes de Lausanne, il devient rédacteur en Chef de la télévision neuchâteloise Canal Alpha.

En 2000 il reprend le poste de responsable internet du Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche, poste qu'il occupe à ce jour. Actuellement en formation de spécialiste en médias sociaux et communautés en ligne auprès du SAWI - Centre suisse d'enseignement du marketing, de la publicité et de la communication - il consacre son intérêt et son travail de diplôme aux enjeux de la participation citoyenne par l'intermédiaire des nouveaux médias, désormais interactifs et réputés sociaux.

Le pied dans la porte

Un des sentiments les plus désagréables auquel on puisse être confronté est bien celui-ci : se faire tenir la jambe par un importun. Malheureusement, c’est souvent le ressenti qu’éprouve l’outrecuidant qui ose s’adresser à une administration, ou à un serveur dans un restaurant suisse…

La suissitude veut que l’on se débrouille seul et que l’on évite d’embarrasser l’autre avec ses petits problèmes. Soit. Louable intention, mais qui appartient désormais au passé. Nouveaux modes de consommation, horaires de travail flexibles, ouvertures tardives voire continues, les administrations doivent s’adapter et surtout mieux et davantage communiquer. La réussite de la nouvelle citoyenneté est à ce prix.

Comment attendre ou exiger de l’engagement de la part de sa clientèle sans adapter les structures, réformer les fonctionnements ? Difficile, je ne vous le fais pas dire, je suis plutôt du genre bienveillant.

Une plus grande flexibilité, une meilleure disponibilité, du flair, c’est beaucoup demander mais la réussite de la transition vers des administrations plus ouvertes et transparentes est à ce prix. Et c’est possible. Au cœur de cette démarche, on retrouve évidemment les réseaux sociaux, mais ceux qui en ont compris le fonctionnement passent souvent pour des malandrins qui n’hésitent pas à mettre le pied dans la porte…

Il faut d’abord comprendre que les réseaux, chose acquise pour de bon, ne vous laisseront aucun répit si vous tentez de jouer au plus malin, par exemple en éludant, même brillamment, les questions. C’est une des meilleures façons de déclencher une «  Shit Storm » si vous me passez l’expression.

Tout dépendra donc de la posture que telle ou telle entité administrative adoptera face à cette nouvelle donne. Et il n’y a pas de raison pour que l’attitude ne soit pas positive.

Par exemple en publiant sur les réseaux sociaux des informations de mise à jour de page, d’évènements, de séances d’informations, une commune permet à ses citoyens d’en noter l’échéance et de relayer l’info. Un tout petit geste sur un puissant levier. Avec en prime le sentiment, pour le client, que son administration est à la page. Et ce sont des messages que se laissent aisément rediffuser.

Cependant l’administration, ou tout autre organisme d’ailleurs, doit jouer le jeu. Par jeu, j’entends par là que si, en tant qu’institution, vous ouvrez la porte aux réseaux sociaux, ce n’est pas pour la refermer sur le pied de celui ou celle qui désire entrer.

L’administré qui s’adresse à vous par ce biais a déjà pris la voie d’une nouvelle démarche citoyenne. Il cherche un contact différent, jusque-là inexistant. De plus, dans la majorité des cas, il dépend de vous car il n’en a pas le choix. Alors soyez à l’écoute et mettez réellement en œuvre les suggestions qu’il vous adresse.

L’honneur d’une administration, ce n’est pas de ressentir le pied du citoyen dans la porte de ses offices, mais bien de lui mettre le pied à l’étrier.

C’est une posture bien différente, peut-être un peu plus sport, mais je peux vous garantir qu’elle vous change l’ambiance d’un champ de courses.

A ce propos, un excellent témoignage, en anglais (eh oui…) et celui-ci, par des enseignants qui ont mis en place leur réseau pour faire entendre leurs voix et échanger avec les décideurs…

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