Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

Le pic du smartphone

 

L’impression générale que laisse le Mobile World Congress qui s’achève à Barcelone, c’est que depuis le lancement du premier iPhone en 2007, la croissance des smartphones a atteint une espèce de plateau. Non pas que les ventes ralentissent. Elles ont augmenté de 54% l’an dernier avec 720 millions d’appareils écoulés. On parle de 400 millions de smartphones cette année rien que pour le marché chinois…

Mais ce marché donne des signes de maturité. A Barcelone, on était bien en peine de citer une innovation véritable parmi les technologies présentées. Les stands de Samsung ou de Sony, les plus grands, donnaient l’impression d’une diversité infinie de tailles d’écran, les smartphones et les tablettes se confondant de plus en plus.

Même tendance chez les Chinois Huawei et ZTE avec des appareils certes impressionnants pour leur audace – l’adoption du système d’exploitation mobile de Firefox pour le ZTE Open - ou leur performance – les 150 mégabits/secondes de vitesse de téléchargement de l’Ascend P2 de Huawei. Mais pas non plus de révolution.

Passons sur la généralisation de la 4G, pour nous arrêter sur les deux facteurs de différenciation: le design comme dans le cas du HTC One avec sa coque en aluminium ou le prix avec un Lumia 520 de Nokia à 139 euros ou bien une tablette HP Slate 7 à 169 dollars. De mauvais augures pour Samsung comme pour Apple, une guerre des prix débute, le design devenant la seule justification d’une étiquette plus chère.

Cette situation en rappelle une autre. Quand l’iPhone est apparu, les prix des téléphones mobiles conventionnels étaient en chute libre. Ils se payaient en moyenne 120 francs quand le prix d’un smartphone a été en moyenne de 350 francs l’an dernier. Cette remontée des prix des appareils mobiles (et des marges de leurs fabricants) apparaît désormais comme une parenthèse.

Une déflation inévitable

Certes, un smartphone ne va pas demain coûter 15 euros comme le moins chers des nouveaux téléphones Nokia (le 105). Mais le secteur ne coupera pas à une déflation potentiellement dévastatrice pour ses leaders actuels.  Il y a aujourd’hui 1,14 milliards de gens qui ont accès à l’internet mobile dans le monde contre 5,8 milliards pour qui ce n’est pas le cas (et 4,5 milliards qui n’ont pas accès à internet du tout). La conquête de ces consommateurs est la priorité des fabricants. A tout prix.

Cette situation a cependant des conséquences positives. Si la valeur ajoutée et l’innovation ne sont plus à rechercher du côté des entreprises iconiques de l’ère des smartphones, le système économique qui naît de l’internet mobile est fertile. C’était flagrant à Barcelone où les développeurs d’applications logiciels et d’objets connectés rivalisent d’inventivité.

Chez SAP, des applications de Smart Vending permettent de personnaliser la vente (et les prix) d’un distributeur de boisson. Chez Fujitsu, des smartphones-médecins sont reliés à des outils d’analyse médicale. Chez Ford, des applications pilotent le système de loisirs numériques de la voiture, tandis que chez AT&T, le concept «Digital Life » décline une suite d’applications de domotique.

Ordinateurs plus que téléphones portables, les smartphones deviennent la télécommande de nos interactions avec des objets de la vie quotidienne de plus en plus connectés. L’espace créé garantit un potentiel inépuisable d’innovations.

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