Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

Le passe-passe du président américain

L’entrée en vigueur des tarifs américains sur l’acier et l’aluminium a une portée économique directe limitée. L’UE en exporte pour 5 milliards de dollars vers l’Amérique alors que l’ensemble de ses exportations vers ce pays pesait 375 milliards en 2017. La Commission européenne estime que les tarifs américains diviseront par deux ces exportations métallurgiques. Soit 2,8 milliards et donc pas de quoi modifier fondamentalement l’excédent de 120 milliards de l’Europe vers les Etats-Unis. Surtout avec une riposte européenne sur des produits ciblés qui grèverait de 3 milliards les exportations américaines. 

Dans ces conditions, à quoi servent ces tarifs? Essentiellement à détourner l’attention. Les tarifs déjà mis en place sur des produits chinois ont abouti à ce que Pékin s’engage à augmenter ses importations de produits américains. La question reste de savoir de combien, Donald Trump ayant avancé le chiffre de 200 milliards. Quoi qu’il en soit, la Chine a ainsi obtenu de ne pas réduire ses exportations vers les Etats-Unis et donc sauvé la face. On verra lorsque le chiffre des achats américains supplémentaires de la Chine aura été articulé si M. Trump pourra aussi déclarer victoire. C’est probable, avec en plus le bonus d’un sommet sur la Corée.

En pleine renégociation du Traité d’Amérique du Nord (ALENA), les tarifs sur l’acier et l’aluminium n’ont d’effets directs que sur le Mexique et le Canada (qui en exportent respectivement pour 3,5 et 12 milliards vers les Etats-Unis). Dans une Europe où la politique du «diviser pour régner» n’a jamais si bien marché, ils distraient surtout de la vraie menace. Si la Chine augmente ses importations américaines, cela se fera forcément au détriment d’autres exportateurs. Autrement dit, elle risque d’acheter des Boeing aux dépens d’Airbus.

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