Langlo Jan

DIRECTEUR DE L'ASSOCIATION DE BANQUES PRIVÉES SUISSES

Jan Langlo est titulaire d’un brevet d’avocat au barreau de Genève et d’un diplôme d’expert fiscal. Il a débuté sa carrière de fiscaliste auprès de Lenz & Staehelin, puis au sein de l’étude Oberson & Associés avant de rejoindre le Groupe Pictet en 2007 en tant que conseiller juridique et fiscal. Au bénéfice d’une grande expérience dans le domaine fiscal, Jan Langlo a rejoint l’Association de Banques Privées Suisses en janvier 2014 en qualité de Directeur adjoint. Depuis le 1er juillet 2015, il occupe le poste de directeur de l’ABPS, où il oeuvre à la défense politique des intérêts des banques actives dans le domaine de la gestion de fortune. Il exerce en parallèle le mandat de Secrétaire général de l’Association des Banquiers Privés Suisses. Jan Langlo siège au sein de diverses commissions et groupes de travail de l’Association suisse des banquiers.

Le passé ne doit pas grever l’avenir

En période électorale, les idées farfelues fleurissent plus vite que les marronniers au printemps. Dernière en date, l’initiative de la coalition Ensemble à gauche qui demande que la Banque Cantonale de Genève (BCGe) rembourse en 30 à 40 ans les plus de 3 milliards de dette que son sauvetage en l’an 2000 a coûtés à l’Etat de Genève, désormais actionnaire à 45% de la banque.

Outre que la création d’une telle obligation de remboursement violerait plusieurs principes constitutionnels, sa mise en œuvre serait impossible. En effet, la BCGe, qui n’a même pas un milliard et demi de fonds propres, se retrouverait aussitôt en état de surendettement, et devrait être assainie ou liquidée. L’Etat de Genève ne gagnerait rien. C’est bien pour cela qu’à l’époque, aucune dette envers l’Etat n’a été inscrite au bilan.

Mais après tout, l’important pour la gauche, c’est de faire parler d’elle, non ? Alors admettons que cet objectif soit atteint, mais de grâce, ne signez pas cette initiative délétère.

Et si vous êtes tentés de le faire, envisagez les autres initiatives qui pourraient être lancées : la Confédération a gagné un milliard en sauvant UBS, ne devrait-elle pas rendre cet argent à notre plus grosse banque ? Le premier sauvetage de la caisse de pensions de l’Etat de Genève en 2013 coûte déjà environ 150 millions par an aux contribuables du canton (jusqu’en 2052 !), les fonctionnaires retraités ne pourraient-ils pas rembourser cet argent ? Et les bénéficiaires de subsides d’assurance-maladie, qui ont reçu plus de 300 millions de francs à Genève en 2016, ne devraient-ils pas rembourser ces subsides quand ils n’y ont plus droit ?

Ces exemples par l’absurde montrent bien qu’il faut arrêter de stigmatiser ceux, individus ou entreprises, publics ou privés, qui ont connu des difficultés financières. Si on les aide, c’est parce que la société reconnaît que cela est nécessaire. Mais sans créer de boulet qu’ils traînent ensuite toute leur vie. C’est d’ailleurs dans ce sens que le Conseil fédéral a récemment reconnu qu’il faudrait réviser le droit des poursuites.

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