Emilyturrettini

CHRONIQUE INTERNET

De nationalité américaine et suisse, Emily Turrettini publie une revue de presse sur l'actualité Internet depuis 1996 et se passionne pour les nouvelles tendances.

Le nom de domaine «.sucks» est contesté

La société canadienne Vox Populi réclame $2’499 aux titulaires de marques et aux célébrités, pour l’enregistrement d’un nom de domaine en «.sucks» («.c’est nul» en français), pour une année. Ce tarif est appliqué pendant la période dite de "sunrise", ouverte aux ayants droit entre le 30 mars et le 31 mai, pour leur permettre de protéger leur réputation sur Internet. 

Quand on sait que des sociétés d’enregistrement de noms de domaine comme GoDaddy facture l’enregistrement de certains TLDs pour $1 par an, «la somme exorbitante demandée par Vox Populi est de l’extorsion pure», selon de nombreuses critiques, dont l'avocat-conseil adjoint J. Scott Evans pour la society Adobe dans NPR.

D’autant plus que ce montant excessif sera appliqué uniquement pendant la période de "sunrise" et tombera à $249 dès l’ouverture de l’enregistrement au public le 1er juin. 

Voc Populi justifie son extension sous couvert de la «liberté d’expression» et dit vouloir permettre aux entreprises de «trouver de la valeur dans la critique». Allons bon.

ICANN, l’association chargée de réglementer les adresses Internet, a initialement donné son accord pour ce nouveau nom de domaine, parmi les 1000+ nouvelles extensions approuvées pour élargir l'offre (la plupart des noms ayant déjà été enregistrés) et faciliter la navigation sur Internet - mais fait marche arrière suite aux plaintes reçues par des nombreuses entreprises et individus.

Selon News.com, vendredi, ICANN a envoyé une lettre au Federal Trade Commission (FTC) ainsi qu’au Bureau pour la Protection des Consommateurs Canadiens, leur demandant d’enquêter sur les procédures usurières de Vox Populi.   

D’autres nouvelles extensions invitent également à la critique négative. Il y a «.gripe» («.raler») et «.fail» («échouer») ainsi que «.wtf»  (pardon pour la vulgarité, “what the fuck” ou en français, «.c’est quoi ce bordel»). Mais elles n'ont pas suscité la même indignation que «.sucks».

Alors que les extensions «.adult» et «.porn» associées à une marque peuvent avoir un double sens en hébergeant réellement du contenu pornographique, l’extension «.sucks» ne peut avoir d’autre sens que celui de porter atteinte à la réputation d’un marque.

C'est difficile d'imaginer que VoxPopuli aura gain de cause. Affaire à suivre.

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