Banquiers anonymes

Bud Fox et ses acolytes dévoilent les dessous de la place financière genevoise. Ce collectif de banquiers anonymes a décidé de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

Le nettoyage d’HSBC

HSBC essaie de faire disparaître toutes les traces, rapidement et discrètement. Un peu comme le Nettoyeur, joué par Jean Reno dans le film Nikita. Ce vendredi matin, l’article du Temps « HSBC réagit à l’affaire des frères blanchisseurs» explique que la banque privée suisse a fermé son bureau « Méditerranée Israël ». 

Le quotidien publie un extrait de la lettre adressée aux clients concernés: « Nous avons le regret de vous informer que la banque souhaite procéder à la clôture de [votre] compte  dans un délai de trente jours.» Je ne sais pas pour vous, mais dans mon langage, je traduis ça par «casse-toi, pôv’ con».

La banque n’a aucun remords à virer, c’est évident. Elle n’en a jamais eu et n’en aura jamais. Trente jours pour clôturer son compte après avoir entretenu vingt ans de relation de confiance (je me marre) en vous « refilant » ses meilleurs produits, pour elle, c’est la classe ! Tout cela parce qu’elle n’a pas été capable de détecter, encore une fois, des brebis galeuses dans le troupeau (cela commence à être une habitude).

Le côté proactif de la banque me plaît énormément. Elle a immédiatement réduit ses coûts en licenciant les employés qui malheureusement ne sont pas que des gestionnaires mais aussi des assistants, et autant de collaborateurs du back-office qui suivront bientôt, une fois que les comptes seront clôturés. La cerise sur le gâteau à l’annonce de cette fermeture de bureau: le porte-parole de la banque qui insiste sur le fait que l’établissement «continue de desservir les marchés concernés, comme Israël et la Turquie ». C’est certain, après avoir reçu pareille lettre, la « desserte » est assurée.

Combien de temps HSBC va-t-elle encore nous faire croire qu’elle ne veut pas se concentrer uniquement sur les HNWI (les ultra-fortunés)? Voire complètement délaisser à terme la gestion privée qui génère peanuts - « moins de 5% des revenus » - et de gros problèmes d’image.

Je me demande : la banque sera-t-elle capable de licencier assez de personnes afin que tous les employés restants puissent se loger dans le nouveau bâtiment du quai des Bergues ?

En tout cas, le marketing avait trouvé la bonne campagne (voir ci-dessous)… oubliez le slogan, et prenez la porte !

 

 

Jean Bond

theindependenter@gmail.com

 

 

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